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Dimanche 16 mars 2008




Il avait une gourmette. Y avait un truc gravé dessus : MOQUETTE. Un spécialiste, donc.

Un spécialiste, qui avait une moustache, fine, et un petit collier en or. Il avait une dent en or, aussi. Un type coquet, peut être. Un type sympa, sans doute. Un connard, probablement. Un chose était absolument sûre : c'était un vendeur de moquette, à cent pour cent.

La boutique sentait bon, elle était pleine de tissus, de tapisseries, de moquettes. Le spécialiste avait pensé à mettre un petit carillon sur la porte d'entrée, pour accueillir les clients.
 
"Un putain de sanctuaire", pensa Joël.

Des rouleaux et des rouleaux de moquettes. Le paradis pour ceux qui savent les apprécier. Les autres sont des salauds.

Le type remonta avec le rouleau de moquette. Sans un mot. Les yeux se croisèrent un instant mais la transaction se fit en silence. Le type savait que ce rouleau était le bon rouleau. Joël comprit. Il voulut tendre un billet mais le type fit un signe de la tête. Pas la peine mon vieux. On s’est compris. Tu veux de la moquette ? Voilà de la moquette. Point barre. Un bon rouleau mon pote, je l’ai gardé exprès pour un jour comme aujourd’hui ! Joël empoigna le rouleau. Putain ce truc pesait une tonne ! 


Le type qui vendait la moquette se suicida cette nuit-là. Il avait fermé la boutique, comme d'habitude, baissé le rideau de fer. Mais c'était la dernière fois... Il avait accompli sa tâche. Ne vous moquez pas, il avait réussi sa vie.

Il était déjà tard. Par la fenêtre, on pouvait voir la lune qui semblait s’emmerder un peu, comme si rien d’intéressant ne pouvait arriver ce soir là. 

Au fond du troquet, dans une pénombre rougeâtre et une atmosphère enfumée, Joël regardait son verre. Il était sale ce verre. Et puis quoi ? De toutes façons, il fallait bien que ça arrive. Il le finit d’un trait et passa une nouvelle commande, auprès du patron qui semblait s’être résigné à finir sa vie derrière ce bar en Formica.


« - Je souhaite procéder à l’acquisition d’une boisson alcoolisée » dit-il. Le patron lui servit la même chose, sans même sourciller. Joël se caressa la nuque.

Au bout du troisième verre, une jeune fille entra dans le bar. Un type assis à la table prés de l’entrée leva les yeux pour la première fois de la nuit. La fille était vêtue d’une petite jupe verte, et portait un dossier contre son sein droit. Ses yeux balayèrent l’ensemble du troquet, avant de se poser sur Joël. 


- Vous êtes Joël ?

- Ca se pourrait… 

- Je cherche Joël. On m’a dit que je pourrais le trouver ici.

- Il est tard. Vous buvez quelque chose ?

- Non merci, je cherche un type qui s’appelle Joël. On m’a dit qu’il porte des bottes en cuir blanc, comme les vôtres. Vous êtes Joël n’est ce pas ?

- On vous a dit beaucoup de choses mademoiselle, mais je ne suis pas le seul à porter des putains de bottes blanches à la con, tout de même.

- Vous avez acheté de la moquette, aujourdhui?

- Patron, un tequila,
por favor

-
Répondez, je vous en prie

Joël fit la moue un instant, puis il respira profondément. Il tourna enfin la tête vers le patron.

- Je crois avoir commandé une tequila,
senor!

Puis, en regardant la jeune fille :

-Je lui parle espagnol, parceque je trouve qu'il a une gueule d'espagnol. Mais ça m'oblige à boire de la tequila...

- Qui vous oblige à boire de la tequila? demanda la jeune fille.

- Personne! répondit Joël


Le patron apporta le verre. Joël y trempa ses lèvres, et regarda la fille avec un sourire, en mimant le dégoût.

- Pouah ! dit-il en se marrant.

- Quel connard ! pensa la jeune fille. 

- Je sais ce que vous pensez, dit Joël

- Ah bon? répondit la jeune fille, amusée

- Vous pensez que la moquette, c'est rien, c'est du vent, peau de zob

- Non ! Vous vous tr..

- Ta gueule ! cria brusqument Joël en frappant du plat de la main sur la table crasseuse. Ta gueule de gueule de pute!

La fille avait sursauté. Elle semblait estomaquée, incapable de répondre.

- J'vais te dite un truc, sale connasse, dit Joël en se faisant de plus en plus menacant, j'vais te dire un truc... Saint Maclou, ça, c'était un homme. Ils l'ont béatifié, les cons!

La fille ne semblait pas comprendre. Tout à coup, un grand souffle se fit sentir dans le bar, comme un début de tempête. Les ampoules vacillaient, la lumière devenaient intermittente. Joël saisit son verre, car il savait ce qu'il pouvait arriver lorsqu'on invoque Saint Maclou...

Un tourbillon d'air souleva toute la poussière. Joël plissait les yeux, la fille se tenait à la table. Sa jupe se soulevait de temps en temps. Elle était terrorisée. Malgré le bruit du souffle et des chaises qui valdinguaient, Joël essayait de lui dire quelque chose :

- N'aie pas peur, il ne t'arrivera rien. Essaie de te calmer. Tu vas découvrir pourquoi l'Homme est venu sur Terre. Tu vas faire connaissance avec celui pour lequel il n'y a pas de sacrifices suffisamment humbles, et de prières suffisament sincères...

- De qui parlez vous? cria la fille, dont les cheveux volaient devant le visage .

- De Saint Maclou, évidemment.


Sant Maclou apparut. Il était resplendissant. Mais attendez... Non! Il ressemblait incroyablement à Herbert Léonard !! Merde! Bordel! C'était frappant! 

- Mais c'est Herbert Léonard! dit la fille en regardant Joël

- Non, c'est Saint Maclou. 

- Attendez, si vous connaissiez Herbert Léonard, vous le reconnaîtriez tout de suite

- JE connais Herbert Léonard ! C'est pas lui!

- J'en suis sûre, c'est lui ! dit la fille en souriant.
 
Puis elle s'adressa à Saint Maclou 

- Vous êtes Herbert Léonard, n'est ce pas? Alleeeez ! Me la faites pas à moi! Tout le monde disait que vous aviez disparu, mais vous vous faites passer pour un type sanctifié dans le domaine des moquettes, vous êtes ridicule!

- Euh! Je ne vois pas de qui vous vous voulez parler.. répondit Saint Maclou visiblement déstabilisé par la question

- Qu'est ce qui est mieux? Un Tupolev 22 Blinder? Ou un Hawker Hurricane?

- Un Tupolev! répondit Saint Maclou avec mépris. L'autre est une vraie merde !

- Ah putain, Herbert, je te cherchais! dit la jeune fille en souriant. Il faut que tu chantes Chateauvallon, pour l'anniversaire de mes parents

- Ils aiment bien Chateauvallon? demanda Saint Maclou

- Mon père dit qu'il n'y a jamais eu de meilleure série depuis.

- C'est parcequ'il ne connaît pas Plus Belle La Vie, interrompit Joël

- Ouais, mais le générique est pourri, dit Saint Maclou- Herbert Léonard

- Moi j'aime bien, dit la fille...





par heriflant publié dans : L'Heriflant littéraire
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Dimanche 16 mars 2008
 
 
JE SUIS
Epuisé
COMME UNE
Epuisette
JE SUIS
Crevé
COMME UNE
Crevette
JE SUIS
Mobile
COMME UNE
Mobylette
JE SUIS
Super
COMME UNE
Superette
JE SUIS
Kitch
COMME UNE
Kitchenette
JE SUIS
Chaud
COMME UNE
Chaussette
JE SUIS
Chou
COMME UNE
Chouette
JE SUIS
Mou
COMME UNE
Mouette
JE ME SUIS
Trompé
COMME UNE
Trompette
JE SUIS UN
Vizir
COMME UNE
Vizirette
JE SUIS
Canné
COMME UNE
Cannette
JE SUIS
Tapé
COMME UNE
Tapette
JE SUIS
Mis
COMME UNE
Miette
JE
Trotte
COMME UNE
Trottinette
JE SUIS
Sonné
COMME UNE
Sonnette
J’AI
Balayé
COMME UNE
Balayette
JE SUIS
Savonné
COMME UNE
Savonnette
J’AI
Alloué
COMME UNE
Alouette
JE ME SUIS
Moqué
COMME UNE
Moquette
JE SUIS
Frais
COMME DU
Fret

par heriflant
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Vendredi 14 mars 2008
Vous l’avez remarqué, je n’ai plus vraiment le temps d’écrire plusieurs articles par jour. Mon audience s’en ressent : il n’y a plus que 150 visiteurs quotidiens, soit moins de la moitié des branleurs qui venaient sur ce blog auparavant.
 
Bon… Puisqu’il y a quelques survivants, je vais leur mettre une blague :
 
Que préfèrent les abeilles dans le mariage?
La lune de miel!
 
 
Je suis bien conscient que les quelques survivants qui restent sont dégoûtés, et ont l’impression qu’on se fout de leur gueule en mettant une blague aussi nulle… C’est faux ! Je vais essayer de mettre des connards et des nouvelles à la con, et des photos super bien.

Comme ça, j'aurais une certaine satisfaction...



Durant une course hippique sur glace à Berlin, le 8 mars 2008.
Mon plus fidèle lecteur




Voici une histoire :


Un mardi matin, un homme se réveilla pris de douleurs atroces dans le ventre. Il avait la sensation que ses entrailles se chiffonnaient, que ses intestins se nouaient, que ses tripes se contractaient… Il était seul dans son lit. Ses draps étaient trempés. Il s’aperçut que pendant son sommeil, il avait déféqué. Qu’est ce qu’il lui arrivait ? Il ne pouvait pas se lever…

 
Soudainement, il ressentit une incroyable envie de vomir, de dégorger quelque chose. Il sentait que cela venait de son ventre. Il avait un hoquet, qui devenait de plus en plus fort, de plus en plus incontrôlable. Il sentait ses mâchoires s’ouvrir toutes seules. Dans son larynx, il ressentit une masse remonter… Un truc poilu, gluant. Il était mort de peur, mais son corps ne lui appartenait plus. Il subissait complètement, il était spectateur de ce spectacle terrifiant. Il entendait son ventre se déchirer, son œsophage craquer, sa respiration s’alourdir.
 
Au bout de quelques minutes, il sentit la forme arriver dans sa bouche, quelque chose de beaucoup trop gros pour être avalé, ou être dégluti.
 
Il y avait quelque chose de paranormal.
 
Tout à coup, il sentit que ses jambes redevenaient contrôlables, mais l’envie de vomir devenait insupportable. Il essaya de se lever, et à ce moment, ses mâchoires craquèrent horriblement, et il laissa tomber la forme de sa bouche sur le plancher.
 
La douleur était fulgurante, mais la curiosité et la peur le fit observer la boule qui venait de tomber. On aurait dit un placenta, visqueux, de la taille d’un chat. Il y avait quelque chose de vivant, qui gigotait ; une main finit par déchirer la poche, puis sortit un petit être, à forme humaine, qui pris une grande respiration en sortant de son cocon, avec deux ou trois litres de liquide nauséabond.
 
Joël fixa le petit être : c’était Herbert Léonard…

Herbert regardait Joël, il lui dit :

"Puissance et gloire
Dans l'eau trouble d'un regard
L'aventure et la passion
Autour de Chateauvallon"



Joël avait les larmes aux yeux, il était heureux...
par heriflant
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Jeudi 13 mars 2008






Il en reste encore plein d'autres..


Si vous trouvez une blague plus facile que celle-là, je serais bien curieux de la connaître !

par heriflant publié dans : L'Heriflant illustré
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Mercredi 12 mars 2008
« - Et bien sûr, c’est à ce moment là que la nuit avait choisi de tomber…
 
Saloperie de nuit ! Elle était tombée comme une merde, tu vois ? Et sans prévenir, en plus… Jusqu’alors, il faisait juste sombre, entre chien et loup. L’atmosphère typique d’un moment bizarre. Un truc pesant. Je sais pas…
 
Je descendais la petite rue, celle qui est très étroite et qui sent la pisse de chien. La petite rue qui serpente entre les hôtels et les bars à pute. La rue pour aller chez Joël, ce connard.
 
Je me les caillais, alors je réajustais mon col, et glissais mes mains dans mon gros pardessus en mouton. Le vent soufflait fort mais j’avais un bonnet. Il s’est mis à pleuvoir, soudainement. Des litres et des litres de flotte. Putain…
 
J’ai voulu m’arrêter deux-trois minutes, pas plus, le temps que la pluie se calme un peu . Je me suis mis sous le porche de la maison de madame Furle. Tu vois ? A côté du bar, justement.
 
Franchement, j’ai tout vu. Tout ! La fille qui sortait, le type qui la suivait, la bagnole, les coups de feu. Tout, j’te dis.
 
-         Qu’est ce que tu vas faire maintenant ?
 
-         Qu’est ce que je vais faire ?
 
-         Ouais…
 
-         Fermer ma gueule, non ?
 
-         Ouais…
 
 
Le mardi 19 février, à 7h45, les policemen avaient reçu l’ordre de procéder à l’interpellation de Michel Herbert, à son domicile, soit plus de deux mois après les faits.
 
Joël Léonard, quant à lui, était interpellé au même moment, à l’autre bout de la ville, chez sa mère. Il hurlait son innocence. Il aurait même dit à sa mère, en guise d’au revoir, « Aimons nous vivants ».
 
 
 
-         Messieurs, je suis le commissaire Navarin, et voici l’inspecteur Dagneau. Vous êtes réunis dans cette salle d’interrogatoire pour une confrontation. La raison pour laquelle vous êtes ici est simple : un témoin prétend que vous êtes liés à l’assassinat de Michel Fugain, le chanteur.
 
-         Quoi ?
 
-         Vous avez parfaitement compris, monsieur Herbert.
 
-         Mais qu’est ce que j’ai à faire dans cette histoire, moi, bordel de merde ? cria Joël
 
-         Calmez vous, monsieur, lui répondit l’inspecteur.
 
-         Tututu, soupira le commissaire, tutututu…
 
-         Mais qu’est ce que ça veut dire ? demanda Michel
 
-         Ca ne veut rien dire, je voulais juste essayer de calmer un peu monsieur Léonard, répondit le commissaire
 
-         Non, je veux dire :  qu’est ce que ça signifie, moi, j’ai rien à voir avec ce meurtre, insista Michel
 
-         Comment savez vous qu’il s’agit d’un meurtre ? demanda malicieusement le jeune inspecteur Dagneau…
 
-         - Vous l’avez dit tout à l’heure, répondit Michel, visiblement agacé… Maintenant, laissez moi foutre le camp. Je n’ai rien à dire, je n’ai rien vu, et je suis un peu malade en ce moment.
 
-         Bien allez-y… dit le commissaire
 
-         Quoi ? On le laisse partir ? demanda l’inspecteur, en fixant le commissaire.
 
-         Ben, il vient de dire qu’il n’a rien à dire. On va perdre notre temps, non ?
 
-         Mais attendez, on va le cuisiner un peu, bordel de merde.
 
-         Non, laissez le partir, j’ai dit. C’est pas toi qui commande !
 
 
 
 
 
« - C’est alors que je suis sorti du commissariat. Franchement, cela avait été beaucoup plus facile que prévu. Je crois qu’il est un peu con, le commissaire Navarin. Je comprends pas comment ils lui ont filé le poste.
 
-         Et le témoin qui t’a balancé, tu sais qui c’est ?
 
-         Non, je pensais que c’était Joël, ce connard, mais ils l’ont gardé.
 
-         C’est bizarre quand même, cette histoire… »
 
 
 
 
Après vingt-quatre heures de garde-à-vue, Joël était enfin dehors. Son premier réflexe, en sortant du commissariat, fut de rentrer chez sa mère, pour la rassurer de son absence. Celle-ci, en le voyant, s’effondra en larmes. Elle prit les mains de son fils, et le supplia de ne plus jamais repartir.
 
Bien sûr, il descendit dans le bar, juste en bas de l’immeuble. Il commanda un café-crème, et commença à raconter ce qu’il lui était arrivé. Le serveur ne l’écoutait presque pas, mais un des habitués du bar était très attentif, et posait des questions.
 
 
-         Mais pourquoi ils sont venus te chercher, toi ? C’est ça que j’arrive pas à comprendre.
 
-         Je sais pas, je te dis. Quelqu’un leur a dit que j’avais vu le meurtre, que j’étais caché quelque part pendant qu’il se faisait tirer dessus.
 
-         Et lui, comment il sait que t’étais caché ?
 
-         Mais j’étais pas caché !: J’ai rien vu, bordel !
 
-         Je sais, mais comment un type pouvait-il désigner les personnes présentes pendant la fusillade, si lui-même n’était pas là ?
 
-         Putain, je sais pas… Ils ont l’air vraiment con, ces flics…
 
-         T’es en train de te faire entuber, mon pauvre Joël.
 
-         Putaaaain… soupira Joël en trempant ses lèvres dans le café chaud.
 
 
 
 
Après le week-end, la police refit son apparition dans la maison de madame Léonard. Où est votre fils ? Il est couché, qu’est ce que vous voulez ? Vous avez un mandat ? Vous regardez trop les films américains, madame. Dis donc, je fais ce que je veux ! Ce n’est pas le sujet, où est Joël ? Dans sa chambre…
 
Joël fut réveillé en trombe, allez debout, espèce de gros connard, on t’embarque ! Putain, j’aime ce job ! Mets un slip, connard, on va pas t’emmener la bite à l’air. « Aimons nous vivants, maman. Avant que la mort nous trouve du talent ! ». « Je t’aime mon fils ! »
 
 
 
 
 
«  - Ils lui ont mis vingt ans, à ce connard de Joël… Sans aucune preuve.
 
-         Putain, le monde est vraiment corrompu…
 
-         Tu l’as dit. Même son avocat a volontairement plaidé comme une merde. Je comprends pas.
 
-         C’est simple pourtant : le véritable assassin a arrosé tout son petit monde pour se couvrir. Et Joël comme bouc émissaire… Classique !
 
-         Ouais, mais qui m’a mis dans la boucle. Putain, qui m’a vu ? 
 
-         On s’en fout…
 
-         J’ai les plus grosses cuisses du championnat.
 
-         Quoi ?
 
-         J’ai dit : j’ai les plus grosses cuisses du championnat.
 
-         Putain… T’as pas le temps de finir cette histoire ?
 
-         Non, j’ai un dossier, et le téléphone qui sonne..
 
-         T’es vraiment un branleur, les gens ne viendront plus te lire…
 
-         J’m’en fous.
 
-         T’es con, y a des gens qui s’appliquent quand ils font un blog. Ils font pas un truc merdique, auquel on comprend rien.
 
-         Ouais, mais là, je sais pas comment finir l’histoire rapidement. Et j’ai du boulot, alors tant pis pour cette fois.
 
-         Faudrait que tu fasses un truc plus court la prochaine fois, que ça se termine pas aussi merdiquement. Parce que là, c’est du jamais vu !
 
-         Tu veux savoir qui est le meurtrier ?
 
-         Ben, ouais, carrément !
 
-         C’est ta mère !
 
-         Putain, fais pas ta pute… Commence pas, on ne sait même pas qui je suis, dans cette histoire. T’as dit que c’était Joël qui avait pris vingt ans. Laisse ma mère en dehors de ça, bordel !
 
-         Rien à foutre ! Il a bon dos, hein, Joël ? C’est ta mère qui a tué Michel Fugain !
 
-         C’est grotesque !
 
 
La presse ne parlait que de ça. L’erreur judiciaire du siècle, bien pire que Dreyfus, ou Outreau. Le monde judiciaire avait été corrompu dans son ensemble. Tout le monde avait été mouillé : les greffiers, huissiers, avocats, magistrats. Tout le monde était au courant. Cela devait bien éclater un jour.
 
-         T’es vraiment un enculé ! Franchement, au début de l’histoire, je pensais pas que t’allais dire que c’est ma mère qui avait tué Michel Fugain. Putain, laisse la tranquille, s’il te plaît !
 
Le véritable assassin avait été arrêté à son domicile. Il s’agissait de la mère de Michel Delpech. Le monde des Enfoirés était sous le choc. Les enfants pleuraient, sans raison. L’ouverture de la chasse avait été repoussée de quinze jours
 
-         N’importe quoi…
 
 
Joël Léonard, en sortant de prison, apprit le décès de sa mère. Dans une émotion terrible, il prit le micro d’un des journalistes, et cria à la foule, très distinctement :
 
 
« Combien de larmes et de sourires
De mots qu'on n'a pas osé dire ?
Dieu que le silence est une arme qui fait souffrir !

 
Aimons-nous debout
Faisons la paix, faisons l'amour entre nous
Aimons-nous surtout
Pour ne plus jamais, jamais vivre à genoux
Aimons-nous vivants »
 
 
 
 
 
par heriflant publié dans : L'Heriflant littéraire
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