« --Réponds au duc ! » cria un des gardes en lui arrachant le masque.
Sans le masque, l’homme était encore plus fabuleux. Quelle beauté ! L’un des gardes le reconnut :
« -- C’est Zorro ! »
« --Zorro ? Que fais-tu là mon brave ?», demanda le duc. « En même temps, j’aurais pu te reconnaître même avec ton masque. Bien vu ! Merci d’être venu ! »
« --Mais non ! Je ne suis pas Zorro » répondit l’homme en noir. « Zorro c’est un livre, il n’existe pas vraiment »
« --Moi je suis sûr qu’il existe » dit un garde
« --Qui es-tu alors ? » dit un autre garde
« --Je suis le marquis de Pissedanle-Gosier ! »
Les gardes reculèrent de deux pas en poussant un cri !
« -- Pissedanle-Gosier ! Salope ! » cria l’un d’entre eux.
«-- Mettez-le immédiatement dans la cellule avec le duc de la Villardinière ! » dit l’un des gardes qui paraissait être le chef. « Maintenant que nous avons les deux traîtres de la nation, nous aurons une énorme récompense. »
« -- Qui va vous donner cette récompense, bordel ?! » cria le duc pendant qu’on jetait le Comte dans la cellule avec lui.
« -- A ton avis ? » répondit un garde. « Demande au Comte… »
Le Duc regarda le Comte stupéfait.
« --Alors ! Parle ! » dit le duc
« --C’est le marquis de Sancy… » dit le comte, abbattu.
CHAPITRE 2
La nuit commençait à tomber tout doucement sur le pays du Poulet. Avec elle, le froid encore plus dur, plus cru, plus irritant venait rougir les joues de ceux qui osaient rester dehors. Sous son bonnet en poil d’âne, le père Jacky rentrait doucement vers le village de la Villardinière. Il pensait au duc : il espérait qu’il ne lui était rien arrivé et qu’il avait pu rencontrer Enrico sans problèmes. A cette heure-là, ils devraient être tous les deux en train de fuir. Pourvu que rien ne lui fut arrivé !
Le père Jacky marchait dans la boue. Ca le gênait un peu. Elle était glacée. Il rêvait d’une bonne soupe, et d’une bonne pipe. Le tabac avait toujours été son pêché. Il souriait en pensant à ça. Il marchait en sachant qu’une fois arrivé au presbytère, une bonne grosse soupe au lard l’attendait. Il ferait tremper de gros morceaux de pain dedans, et mangerait le tout avec une grosse cuillère, le gras suintant sur son menton. Ca le réchaufferait. Il ferma un peu plus son grand manteau de laine, enfonça un peu plus son bonnet, et continua sa route.
Il croisa au loin des gueux, qui cherchait sans doute le duc de la Villardinière. Il fallait la jouer fine. Il s’approcha d’eux.
« --Bonjour mon père ! » dit l’un d’entre eux
« --Bonjour mon fils » répondit le père Jacky
C’étaient de vrais gueux. L’un d’entre eux avait un regard d’une bêtise extraordinaire. Il souriait. Il était né pour ça. Il allait vivre une vie entière à sourire, bêtement. Peut être même qu’il se reproduirait en copulant avec une gueuse du coin, celle qui a la chatte qui pue. Quel fils de pute !
« -- Où allez-vous comme ça mon père ? »
« -- Je suis allé aux champignons »
« -- Mais il n’y a rien dans votre panier »
« -- Vous n’avez même pas de panier » reprit un autre gueux
« -- Oui, des types dans votre genre me l’ont dérobé il y a cinq minutes. Je suis dégoûté ; j’avais ramassé force ceps et girolles. J’allais m’exploser la panse à en chier des hérissons ! »
« -- Quel manque de sécurité tout de même ! Aviez-vous ramassé des Pieds de Mouton ? C’est très bon ! »
« --Oui, mais ça fait les selles noires ! » reprit un autre gueux
« --Et alors ? Noire ou marron, ça n’a pas d’importance ! C’est la texture qui compte ! » répondit l’autre paysan
« -- L’odeur aussi. Moi j’aime quand elles sentent très fort ! » dit un autre
« -- Bien je vais vous laisser mes fils, si vous croisez les types qui ont volé mon panier, venez me le dire » dit le curé en commençant à partir.
« -- Bien mon Père » dirent tous ensemble les gueux
« -- Au revoir mes fils »
Puis le père Jacky se mit à penser : « Mes fils, mes fils… Fils de pute ouais ! »
Et il leur tourna le dos et marcha en direction du village de la Villarinière, les pieds dans la boue, bien que cela le dérangeait. Il entendit derrière lui, au loin, les sabots d’un cheval au galop. Il se retourna à nouveau. Les gueux étaient un peu loin de lui à présent, et un messager du Baron – le père Jacky le reconnu au fait que son cheval était teinte en rouge – arrivait à toute allure. Ca sentait mauvais pour le duc, comme une grosse merde dans un vieux slip ! Il s’approcha pour entendre ce que dirait le messager.
« -- Le duc ! Le duc de la Villardinière ! Cet enculé ! Ce violeur d’animaux ! Ce mangeur d’excréments ! On l’a enfin arrêté ! La révolution est en marche camarades !!! » On va enfin pouvoir sortir nos chiens tranquillement ! » criait-il sur un ton enjoué
Le père Jacky s’étouffa. Le duc avait été fait prisonnier. Mais où ? Il posa la question au messager :
« -- Et où est-il prisonnier, messager ? »
« -- A la geôle du village de l’Hervé. Il va en prendre plein les tripes. Haha ! »
Le curé eu l’air désabusé. Comment le sortir de là ? Il avait promis à Yvette qu’il n’arriverait rien à Godefroy. Et Yvette sait récompenser de la meilleure manière ceux qu’elle estime.. Il dit alors :
« --Bien, et bien moi je rentre au presbytère ! Bonne journée à vous, gentils damoiseaux. Si l’un d’entre vous veut se faire confesser, je suis là où vous savez. Sur ce… » Et il tourna les talons.
Le curé avait un plan : prendre le chemin du village de l’Hervé, sans se faire voir et trouver Enrico. A eux deux, ils pourraient sans doute libérer le duc...
à suivre à votre demande (c'est de plus en plus lourd)...







