Heriflogue


Heriflant

 

Bienvenue sur mon blog

Enjoy it!

 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Mercredi 12 mars 2008
« - Et bien sûr, c’est à ce moment là que la nuit avait choisi de tomber…
 
Saloperie de nuit ! Elle était tombée comme une merde, tu vois ? Et sans prévenir, en plus… Jusqu’alors, il faisait juste sombre, entre chien et loup. L’atmosphère typique d’un moment bizarre. Un truc pesant. Je sais pas…
 
Je descendais la petite rue, celle qui est très étroite et qui sent la pisse de chien. La petite rue qui serpente entre les hôtels et les bars à pute. La rue pour aller chez Joël, ce connard.
 
Je me les caillais, alors je réajustais mon col, et glissais mes mains dans mon gros pardessus en mouton. Le vent soufflait fort mais j’avais un bonnet. Il s’est mis à pleuvoir, soudainement. Des litres et des litres de flotte. Putain…
 
J’ai voulu m’arrêter deux-trois minutes, pas plus, le temps que la pluie se calme un peu . Je me suis mis sous le porche de la maison de madame Furle. Tu vois ? A côté du bar, justement.
 
Franchement, j’ai tout vu. Tout ! La fille qui sortait, le type qui la suivait, la bagnole, les coups de feu. Tout, j’te dis.
 
-         Qu’est ce que tu vas faire maintenant ?
 
-         Qu’est ce que je vais faire ?
 
-         Ouais…
 
-         Fermer ma gueule, non ?
 
-         Ouais…
 
 
Le mardi 19 février, à 7h45, les policemen avaient reçu l’ordre de procéder à l’interpellation de Michel Herbert, à son domicile, soit plus de deux mois après les faits.
 
Joël Léonard, quant à lui, était interpellé au même moment, à l’autre bout de la ville, chez sa mère. Il hurlait son innocence. Il aurait même dit à sa mère, en guise d’au revoir, « Aimons nous vivants ».
 
 
 
-         Messieurs, je suis le commissaire Navarin, et voici l’inspecteur Dagneau. Vous êtes réunis dans cette salle d’interrogatoire pour une confrontation. La raison pour laquelle vous êtes ici est simple : un témoin prétend que vous êtes liés à l’assassinat de Michel Fugain, le chanteur.
 
-         Quoi ?
 
-         Vous avez parfaitement compris, monsieur Herbert.
 
-         Mais qu’est ce que j’ai à faire dans cette histoire, moi, bordel de merde ? cria Joël
 
-         Calmez vous, monsieur, lui répondit l’inspecteur.
 
-         Tututu, soupira le commissaire, tutututu…
 
-         Mais qu’est ce que ça veut dire ? demanda Michel
 
-         Ca ne veut rien dire, je voulais juste essayer de calmer un peu monsieur Léonard, répondit le commissaire
 
-         Non, je veux dire :  qu’est ce que ça signifie, moi, j’ai rien à voir avec ce meurtre, insista Michel
 
-         Comment savez vous qu’il s’agit d’un meurtre ? demanda malicieusement le jeune inspecteur Dagneau…
 
-         - Vous l’avez dit tout à l’heure, répondit Michel, visiblement agacé… Maintenant, laissez moi foutre le camp. Je n’ai rien à dire, je n’ai rien vu, et je suis un peu malade en ce moment.
 
-         Bien allez-y… dit le commissaire
 
-         Quoi ? On le laisse partir ? demanda l’inspecteur, en fixant le commissaire.
 
-         Ben, il vient de dire qu’il n’a rien à dire. On va perdre notre temps, non ?
 
-         Mais attendez, on va le cuisiner un peu, bordel de merde.
 
-         Non, laissez le partir, j’ai dit. C’est pas toi qui commande !
 
 
 
 
 
« - C’est alors que je suis sorti du commissariat. Franchement, cela avait été beaucoup plus facile que prévu. Je crois qu’il est un peu con, le commissaire Navarin. Je comprends pas comment ils lui ont filé le poste.
 
-         Et le témoin qui t’a balancé, tu sais qui c’est ?
 
-         Non, je pensais que c’était Joël, ce connard, mais ils l’ont gardé.
 
-         C’est bizarre quand même, cette histoire… »
 
 
 
 
Après vingt-quatre heures de garde-à-vue, Joël était enfin dehors. Son premier réflexe, en sortant du commissariat, fut de rentrer chez sa mère, pour la rassurer de son absence. Celle-ci, en le voyant, s’effondra en larmes. Elle prit les mains de son fils, et le supplia de ne plus jamais repartir.
 
Bien sûr, il descendit dans le bar, juste en bas de l’immeuble. Il commanda un café-crème, et commença à raconter ce qu’il lui était arrivé. Le serveur ne l’écoutait presque pas, mais un des habitués du bar était très attentif, et posait des questions.
 
 
-         Mais pourquoi ils sont venus te chercher, toi ? C’est ça que j’arrive pas à comprendre.
 
-         Je sais pas, je te dis. Quelqu’un leur a dit que j’avais vu le meurtre, que j’étais caché quelque part pendant qu’il se faisait tirer dessus.
 
-         Et lui, comment il sait que t’étais caché ?
 
-         Mais j’étais pas caché !: J’ai rien vu, bordel !
 
-         Je sais, mais comment un type pouvait-il désigner les personnes présentes pendant la fusillade, si lui-même n’était pas là ?
 
-         Putain, je sais pas… Ils ont l’air vraiment con, ces flics…
 
-         T’es en train de te faire entuber, mon pauvre Joël.
 
-         Putaaaain… soupira Joël en trempant ses lèvres dans le café chaud.
 
 
 
 
Après le week-end, la police refit son apparition dans la maison de madame Léonard. Où est votre fils ? Il est couché, qu’est ce que vous voulez ? Vous avez un mandat ? Vous regardez trop les films américains, madame. Dis donc, je fais ce que je veux ! Ce n’est pas le sujet, où est Joël ? Dans sa chambre…
 
Joël fut réveillé en trombe, allez debout, espèce de gros connard, on t’embarque ! Putain, j’aime ce job ! Mets un slip, connard, on va pas t’emmener la bite à l’air. « Aimons nous vivants, maman. Avant que la mort nous trouve du talent ! ». « Je t’aime mon fils ! »
 
 
 
 
 
«  - Ils lui ont mis vingt ans, à ce connard de Joël… Sans aucune preuve.
 
-         Putain, le monde est vraiment corrompu…
 
-         Tu l’as dit. Même son avocat a volontairement plaidé comme une merde. Je comprends pas.
 
-         C’est simple pourtant : le véritable assassin a arrosé tout son petit monde pour se couvrir. Et Joël comme bouc émissaire… Classique !
 
-         Ouais, mais qui m’a mis dans la boucle. Putain, qui m’a vu ? 
 
-         On s’en fout…
 
-         J’ai les plus grosses cuisses du championnat.
 
-         Quoi ?
 
-         J’ai dit : j’ai les plus grosses cuisses du championnat.
 
-         Putain… T’as pas le temps de finir cette histoire ?
 
-         Non, j’ai un dossier, et le téléphone qui sonne..
 
-         T’es vraiment un branleur, les gens ne viendront plus te lire…
 
-         J’m’en fous.
 
-         T’es con, y a des gens qui s’appliquent quand ils font un blog. Ils font pas un truc merdique, auquel on comprend rien.
 
-         Ouais, mais là, je sais pas comment finir l’histoire rapidement. Et j’ai du boulot, alors tant pis pour cette fois.
 
-         Faudrait que tu fasses un truc plus court la prochaine fois, que ça se termine pas aussi merdiquement. Parce que là, c’est du jamais vu !
 
-         Tu veux savoir qui est le meurtrier ?
 
-         Ben, ouais, carrément !
 
-         C’est ta mère !
 
-         Putain, fais pas ta pute… Commence pas, on ne sait même pas qui je suis, dans cette histoire. T’as dit que c’était Joël qui avait pris vingt ans. Laisse ma mère en dehors de ça, bordel !
 
-         Rien à foutre ! Il a bon dos, hein, Joël ? C’est ta mère qui a tué Michel Fugain !
 
-         C’est grotesque !
 
 
La presse ne parlait que de ça. L’erreur judiciaire du siècle, bien pire que Dreyfus, ou Outreau. Le monde judiciaire avait été corrompu dans son ensemble. Tout le monde avait été mouillé : les greffiers, huissiers, avocats, magistrats. Tout le monde était au courant. Cela devait bien éclater un jour.
 
-         T’es vraiment un enculé ! Franchement, au début de l’histoire, je pensais pas que t’allais dire que c’est ma mère qui avait tué Michel Fugain. Putain, laisse la tranquille, s’il te plaît !
 
Le véritable assassin avait été arrêté à son domicile. Il s’agissait de la mère de Michel Delpech. Le monde des Enfoirés était sous le choc. Les enfants pleuraient, sans raison. L’ouverture de la chasse avait été repoussée de quinze jours
 
-         N’importe quoi…
 
 
Joël Léonard, en sortant de prison, apprit le décès de sa mère. Dans une émotion terrible, il prit le micro d’un des journalistes, et cria à la foule, très distinctement :
 
 
« Combien de larmes et de sourires
De mots qu'on n'a pas osé dire ?
Dieu que le silence est une arme qui fait souffrir !

 
Aimons-nous debout
Faisons la paix, faisons l'amour entre nous
Aimons-nous surtout
Pour ne plus jamais, jamais vivre à genoux
Aimons-nous vivants »
 
 
 
 
 
ajouter un commentaire commentaires (3)   

Inforiflant


Publicitant



 


 
Appel à chroniqueurs : Je change d'orientation professionnelle la semaine prochaine... Les horaires ne me permettront peut être plus d'alimenter le blog en articles à la con, en nouvelles débiles ou en "Qui est ce connard". Si vous voulez écrire des trucs, prévenez moi par mail. Je diffuse tout.


Herifastuce: en cliquant sur le titre, vous revenez à la page d'accueil.  Par ailleurs, s'abonner au fil RSS permet de savoir quand un article vient de paraître...


 

 Pour ceux qui aiment lire

Une nouvelle de R. Simmons est dispo en intégralité dans la rubrique "La Chambre"

Enfin, je suis ouvert à toutes propositions de textes, photos, musique ou quoi que ce soit que vous souhaiteriez diffuser sur mon blog.

Je diffuserai cela dans les articles "Le texte d'un autre"...

heriflant@hotmail.fr

 


100% Beauf

 

 

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
blog de sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus