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Jeudi 24 avril 2008

« Je n'ai qu'une seule envie : me laisser tenter... La victime est si belle »

 

- Philippe, tu m'écoutes?

 

- Hein?

 

- Tu m'écoutesou quoi ?

 

- Et le crime est si gay!

 

 

- OK, OK... Bon, écoute moi bien: la cafétéria ouvre le matin à sept du matin, pile. On se donne rendez-vous juste devant. C'est très important!

 

- Pas le temps de tout lui dire...

 

 

- Mais si, on y sera largement à l'heure. De toutes façons, on entre, on a rien à dire! Ils nous filent le pognon, c'est tout!

 

- Pas le temps de tout lui taire!

 

 

- De quoi?

 

- Juste assez pour tenter la satyre... Qu'elle sente que j'veux lui plaire!

 

 

- Oh putain ta gueule. J'te parle d'un braquage, connard!

 

- C'est le cas du kamikaze...

 

 

- Mais non, tout est OK! On en a déjà parlé plein de fois...

 

- C'est l'abc du condamné...

 

 

- Y a aucun risque, j'te dis!

 

- Le légionnaire qui veut l'avantage des voyages, sans s'engager- é-é!

 

 

- Quoi? Putain, c'est la dernière fois que je fais un braquage de cafétéria avec un connard de chanteur belge à la con!!! Merde!

 

- Cœur de loup, peur du lit, séduis-la, sans délais, suis le swing...C'est le coup de gong du king. Bong !

 

 

- Mais t'es complétement con, Philippe, merde!

 

- Cœur de loup, m'as-tu lu? L'appel aux gais délits; Sors du ring!C'est le coup de gong du king. Bong !

 

- Connard de merde!

 

 

 

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Mardi 22 avril 2008
Aujourd'hui, un texte de Pascal Nouma, from Mexico...




Yoni Mitchel déambulait hagard dans son studio, parcouru de convulsions. Machinalement,  il déboucha la bouteille de schnaps. Le monde n'existait plus. Après avoir longuement observé l'étiquette de la liqueur, laquelle promettait un « plaisir divin », il la projeta de toutes ses forces sur un passant, en hurlant :

 

- Mon castor est gangrené, fils de pute!

 

Mais le malheureux Yoni Mitchel rata sa cible. Le schnaps fendit l'air et s'écrasa sans se briser sur le flan d'un chien errant. Le passant, victime originellement désignée, ne put qu'observer froidement la réaction amère du canidé agressé : un couinement explicite signifiant « Putain de bon Dieu de merde ! ».  Il compatissait avec la douleur du meilleur ami de l'homme, et ne se sachant pas pris pour cible, il déclara froidement à l'attention de notre héros :

 

- C'est comme cela que l'on traite son meilleur ami! Bourreau ! Nique ta race!

 

Mais Yoni ne le voyait déjà plus. Il sentait une grande humidité envahir sa moustache. Il sanglotait, entre les hoquets qui lui arrachait les poumons  il psalmodiait :

 

- Pauvre petit raton, regarde comme ma moustache brille, elle brille pour toi...

 

 Le rez-de-chaussée qu'il habitait en compagnie de son ragondin, Philippe Le Déroutant, lui apparaissait subitement inconnu. La kitchenette vibrait, déserte, nue.

 

Pour les profanes, je tiens à signaler en lieu et place de Yoni que le ragondin (Myocastor coypus) est un rongeur mammifère originaire d'Amérique du Sud, introduit en Europe au XIXe siècle pour l'exploitation de sa fourrure. Je vous conseille vivement par ailleurs de consulter le site www.ragondin.com pour de plus amples informations sur ce latino aussi subtile qu'il est attachant. Il serait injuste de ne pas préciser que les ragondins se sont installés en Europe de leur propre chef et á leur convenance. Leurs aïeux conquirent la liberté soit du fait d'évasions rocambolesques, soit du fait de leur regard. Quiconque croise les yeux de cet animal ressentira un excès de sentimentalité. Plusieurs témoignages attestent que des hommes on rejoint l'état sauvage pour vivre en harmonie avec la bête, niché dans des terriers au innombrables félicités. Il est donc tout á fait naturel que des importateurs de ragondins aient pu s'adonner á des lâchers volontaires. Mais revenons-en á nos moutons.

 

 

Yoni Mitchel aimait á s'imaginer les grands-parents de Philippe Le Déroutant conquérant d'un œil humide le plus cruel braconnier. Yoni restait des heures enfermé dans la salle de bain. Il se perdait dans la contemplation de Philippe Le Déroutant, s'ébattant dans la baignoire en sa compagnie, le visage ampli de compassion et luisant de respect. Il s'efforçait de procurer un confort enviable à l'animal. A ce titre sa salle d'eau fut aménagée á la façon d'un bocage du sud Cotentin. Aimables bocages.

 

Je pourrais vous conter longuement les douceurs de la relation sensuelle qui liait Yoni et Philippe. Le sourire que Yoni lisait parfois sur les traits du rongeur lorsqu'il le séchait doucement dans son drap de bain exprimait á lui seul la douce plénitude qui accompagnait leur union. Mais les circonstances viennent á bout des plus belles rencontres. Yoni s'en était allé distrait en ce matin d'hiver glacial. La vocation de naturaliste... Il marchait l'âme légère á l'idée de remplir de paille un bon nombre d'habitants de la flore comme de la faune. Il se voyait déjà en train de fourrer á tour de bras.

 

Rêveur, Yoni Mitchell omis de fermer la fenêtre du studio. Le froid s'engouffrât jusque dans le terrier de Philippe le Déroutant, imprégnât la céramique de la baignoire  d'une fraîcheur mortifère.  Philippe le Déroutant s'en trouvait remis entre les mains décharnées du sort...Et c'est ainsi que Yoni trouva son ragondin, la queue prise dans un bloc de glace. La douleur le jeta au sol. Il se rappelait avec une précision trop violente cette phrase qui l'avait terrorisé á la lecture du magazine « Passion -gondin » : « D'origine tropicale, l'organisme du ragondin n'est pas adapté au gel comme celui du castor. Lors d'hivers rigoureux, de nombreux ragondins ont la queue qui gèle, ce qui dégénère en gangrène mortelle. » Et la ville s'endormait doucement, insensible comme la queue de Philippe le Déroutant.

 

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Dimanche 16 mars 2008




Il avait une gourmette. Y avait un truc gravé dessus : MOQUETTE. Un spécialiste, donc.

Un spécialiste, qui avait une moustache, fine, et un petit collier en or. Il avait une dent en or, aussi. Un type coquet, peut être. Un type sympa, sans doute. Un connard, probablement. Un chose était absolument sûre : c'était un vendeur de moquette, à cent pour cent.

La boutique sentait bon, elle était pleine de tissus, de tapisseries, de moquettes. Le spécialiste avait pensé à mettre un petit carillon sur la porte d'entrée, pour accueillir les clients.
 
"Un putain de sanctuaire", pensa Joël.

Des rouleaux et des rouleaux de moquettes. Le paradis pour ceux qui savent les apprécier. Les autres sont des salauds.

Le type remonta avec le rouleau de moquette. Sans un mot. Les yeux se croisèrent un instant mais la transaction se fit en silence. Le type savait que ce rouleau était le bon rouleau. Joël comprit. Il voulut tendre un billet mais le type fit un signe de la tête. Pas la peine mon vieux. On s’est compris. Tu veux de la moquette ? Voilà de la moquette. Point barre. Un bon rouleau mon pote, je l’ai gardé exprès pour un jour comme aujourd’hui ! Joël empoigna le rouleau. Putain ce truc pesait une tonne ! 


Le type qui vendait la moquette se suicida cette nuit-là. Il avait fermé la boutique, comme d'habitude, baissé le rideau de fer. Mais c'était la dernière fois... Il avait accompli sa tâche. Ne vous moquez pas, il avait réussi sa vie.

Il était déjà tard. Par la fenêtre, on pouvait voir la lune qui semblait s’emmerder un peu, comme si rien d’intéressant ne pouvait arriver ce soir là. 

Au fond du troquet, dans une pénombre rougeâtre et une atmosphère enfumée, Joël regardait son verre. Il était sale ce verre. Et puis quoi ? De toutes façons, il fallait bien que ça arrive. Il le finit d’un trait et passa une nouvelle commande, auprès du patron qui semblait s’être résigné à finir sa vie derrière ce bar en Formica.


« - Je souhaite procéder à l’acquisition d’une boisson alcoolisée » dit-il. Le patron lui servit la même chose, sans même sourciller. Joël se caressa la nuque.

Au bout du troisième verre, une jeune fille entra dans le bar. Un type assis à la table prés de l’entrée leva les yeux pour la première fois de la nuit. La fille était vêtue d’une petite jupe verte, et portait un dossier contre son sein droit. Ses yeux balayèrent l’ensemble du troquet, avant de se poser sur Joël. 


- Vous êtes Joël ?

- Ca se pourrait… 

- Je cherche Joël. On m’a dit que je pourrais le trouver ici.

- Il est tard. Vous buvez quelque chose ?

- Non merci, je cherche un type qui s’appelle Joël. On m’a dit qu’il porte des bottes en cuir blanc, comme les vôtres. Vous êtes Joël n’est ce pas ?

- On vous a dit beaucoup de choses mademoiselle, mais je ne suis pas le seul à porter des putains de bottes blanches à la con, tout de même.

- Vous avez acheté de la moquette, aujourdhui?

- Patron, un tequila,
por favor

-
Répondez, je vous en prie

Joël fit la moue un instant, puis il respira profondément. Il tourna enfin la tête vers le patron.

- Je crois avoir commandé une tequila,
senor!

Puis, en regardant la jeune fille :

-Je lui parle espagnol, parceque je trouve qu'il a une gueule d'espagnol. Mais ça m'oblige à boire de la tequila...

- Qui vous oblige à boire de la tequila? demanda la jeune fille.

- Personne! répondit Joël


Le patron apporta le verre. Joël y trempa ses lèvres, et regarda la fille avec un sourire, en mimant le dégoût.

- Pouah ! dit-il en se marrant.

- Quel connard ! pensa la jeune fille. 

- Je sais ce que vous pensez, dit Joël

- Ah bon? répondit la jeune fille, amusée

- Vous pensez que la moquette, c'est rien, c'est du vent, peau de zob

- Non ! Vous vous tr..

- Ta gueule ! cria brusqument Joël en frappant du plat de la main sur la table crasseuse. Ta gueule de gueule de pute!

La fille avait sursauté. Elle semblait estomaquée, incapable de répondre.

- J'vais te dite un truc, sale connasse, dit Joël en se faisant de plus en plus menacant, j'vais te dire un truc... Saint Maclou, ça, c'était un homme. Ils l'ont béatifié, les cons!

La fille ne semblait pas comprendre. Tout à coup, un grand souffle se fit sentir dans le bar, comme un début de tempête. Les ampoules vacillaient, la lumière devenaient intermittente. Joël saisit son verre, car il savait ce qu'il pouvait arriver lorsqu'on invoque Saint Maclou...

Un tourbillon d'air souleva toute la poussière. Joël plissait les yeux, la fille se tenait à la table. Sa jupe se soulevait de temps en temps. Elle était terrorisée. Malgré le bruit du souffle et des chaises qui valdinguaient, Joël essayait de lui dire quelque chose :

- N'aie pas peur, il ne t'arrivera rien. Essaie de te calmer. Tu vas découvrir pourquoi l'Homme est venu sur Terre. Tu vas faire connaissance avec celui pour lequel il n'y a pas de sacrifices suffisamment humbles, et de prières suffisament sincères...

- De qui parlez vous? cria la fille, dont les cheveux volaient devant le visage .

- De Saint Maclou, évidemment.


Sant Maclou apparut. Il était resplendissant. Mais attendez... Non! Il ressemblait incroyablement à Herbert Léonard !! Merde! Bordel! C'était frappant! 

- Mais c'est Herbert Léonard! dit la fille en regardant Joël

- Non, c'est Saint Maclou. 

- Attendez, si vous connaissiez Herbert Léonard, vous le reconnaîtriez tout de suite

- JE connais Herbert Léonard ! C'est pas lui!

- J'en suis sûre, c'est lui ! dit la fille en souriant.
 
Puis elle s'adressa à Saint Maclou 

- Vous êtes Herbert Léonard, n'est ce pas? Alleeeez ! Me la faites pas à moi! Tout le monde disait que vous aviez disparu, mais vous vous faites passer pour un type sanctifié dans le domaine des moquettes, vous êtes ridicule!

- Euh! Je ne vois pas de qui vous vous voulez parler.. répondit Saint Maclou visiblement déstabilisé par la question

- Qu'est ce qui est mieux? Un Tupolev 22 Blinder? Ou un Hawker Hurricane?

- Un Tupolev! répondit Saint Maclou avec mépris. L'autre est une vraie merde !

- Ah putain, Herbert, je te cherchais! dit la jeune fille en souriant. Il faut que tu chantes Chateauvallon, pour l'anniversaire de mes parents

- Ils aiment bien Chateauvallon? demanda Saint Maclou

- Mon père dit qu'il n'y a jamais eu de meilleure série depuis.

- C'est parcequ'il ne connaît pas Plus Belle La Vie, interrompit Joël

- Ouais, mais le générique est pourri, dit Saint Maclou- Herbert Léonard

- Moi j'aime bien, dit la fille...





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Mercredi 12 mars 2008
« - Et bien sûr, c’est à ce moment là que la nuit avait choisi de tomber…
 
Saloperie de nuit ! Elle était tombée comme une merde, tu vois ? Et sans prévenir, en plus… Jusqu’alors, il faisait juste sombre, entre chien et loup. L’atmosphère typique d’un moment bizarre. Un truc pesant. Je sais pas…
 
Je descendais la petite rue, celle qui est très étroite et qui sent la pisse de chien. La petite rue qui serpente entre les hôtels et les bars à pute. La rue pour aller chez Joël, ce connard.
 
Je me les caillais, alors je réajustais mon col, et glissais mes mains dans mon gros pardessus en mouton. Le vent soufflait fort mais j’avais un bonnet. Il s’est mis à pleuvoir, soudainement. Des litres et des litres de flotte. Putain…
 
J’ai voulu m’arrêter deux-trois minutes, pas plus, le temps que la pluie se calme un peu . Je me suis mis sous le porche de la maison de madame Furle. Tu vois ? A côté du bar, justement.
 
Franchement, j’ai tout vu. Tout ! La fille qui sortait, le type qui la suivait, la bagnole, les coups de feu. Tout, j’te dis.
 
-         Qu’est ce que tu vas faire maintenant ?
 
-         Qu’est ce que je vais faire ?
 
-         Ouais…
 
-         Fermer ma gueule, non ?
 
-         Ouais…
 
 
Le mardi 19 février, à 7h45, les policemen avaient reçu l’ordre de procéder à l’interpellation de Michel Herbert, à son domicile, soit plus de deux mois après les faits.
 
Joël Léonard, quant à lui, était interpellé au même moment, à l’autre bout de la ville, chez sa mère. Il hurlait son innocence. Il aurait même dit à sa mère, en guise d’au revoir, « Aimons nous vivants ».
 
 
 
-         Messieurs, je suis le commissaire Navarin, et voici l’inspecteur Dagneau. Vous êtes réunis dans cette salle d’interrogatoire pour une confrontation. La raison pour laquelle vous êtes ici est simple : un témoin prétend que vous êtes liés à l’assassinat de Michel Fugain, le chanteur.
 
-         Quoi ?
 
-         Vous avez parfaitement compris, monsieur Herbert.
 
-         Mais qu’est ce que j’ai à faire dans cette histoire, moi, bordel de merde ? cria Joël
 
-         Calmez vous, monsieur, lui répondit l’inspecteur.
 
-         Tututu, soupira le commissaire, tutututu…
 
-         Mais qu’est ce que ça veut dire ? demanda Michel
 
-         Ca ne veut rien dire, je voulais juste essayer de calmer un peu monsieur Léonard, répondit le commissaire
 
-         Non, je veux dire :  qu’est ce que ça signifie, moi, j’ai rien à voir avec ce meurtre, insista Michel
 
-         Comment savez vous qu’il s’agit d’un meurtre ? demanda malicieusement le jeune inspecteur Dagneau…
 
-         - Vous l’avez dit tout à l’heure, répondit Michel, visiblement agacé… Maintenant, laissez moi foutre le camp. Je n’ai rien à dire, je n’ai rien vu, et je suis un peu malade en ce moment.
 
-         Bien allez-y… dit le commissaire
 
-         Quoi ? On le laisse partir ? demanda l’inspecteur, en fixant le commissaire.
 
-         Ben, il vient de dire qu’il n’a rien à dire. On va perdre notre temps, non ?
 
-         Mais attendez, on va le cuisiner un peu, bordel de merde.
 
-         Non, laissez le partir, j’ai dit. C’est pas toi qui commande !
 
 
 
 
 
« - C’est alors que je suis sorti du commissariat. Franchement, cela avait été beaucoup plus facile que prévu. Je crois qu’il est un peu con, le commissaire Navarin. Je comprends pas comment ils lui ont filé le poste.
 
-         Et le témoin qui t’a balancé, tu sais qui c’est ?
 
-         Non, je pensais que c’était Joël, ce connard, mais ils l’ont gardé.
 
-         C’est bizarre quand même, cette histoire… »
 
 
 
 
Après vingt-quatre heures de garde-à-vue, Joël était enfin dehors. Son premier réflexe, en sortant du commissariat, fut de rentrer chez sa mère, pour la rassurer de son absence. Celle-ci, en le voyant, s’effondra en larmes. Elle prit les mains de son fils, et le supplia de ne plus jamais repartir.
 
Bien sûr, il descendit dans le bar, juste en bas de l’immeuble. Il commanda un café-crème, et commença à raconter ce qu’il lui était arrivé. Le serveur ne l’écoutait presque pas, mais un des habitués du bar était très attentif, et posait des questions.
 
 
-         Mais pourquoi ils sont venus te chercher, toi ? C’est ça que j’arrive pas à comprendre.
 
-         Je sais pas, je te dis. Quelqu’un leur a dit que j’avais vu le meurtre, que j’étais caché quelque part pendant qu’il se faisait tirer dessus.
 
-         Et lui, comment il sait que t’étais caché ?
 
-         Mais j’étais pas caché !: J’ai rien vu, bordel !
 
-         Je sais, mais comment un type pouvait-il désigner les personnes présentes pendant la fusillade, si lui-même n’était pas là ?
 
-         Putain, je sais pas… Ils ont l’air vraiment con, ces flics…
 
-         T’es en train de te faire entuber, mon pauvre Joël.
 
-         Putaaaain… soupira Joël en trempant ses lèvres dans le café chaud.
 
 
 
 
Après le week-end, la police refit son apparition dans la maison de madame Léonard. Où est votre fils ? Il est couché, qu’est ce que vous voulez ? Vous avez un mandat ? Vous regardez trop les films américains, madame. Dis donc, je fais ce que je veux ! Ce n’est pas le sujet, où est Joël ? Dans sa chambre…
 
Joël fut réveillé en trombe, allez debout, espèce de gros connard, on t’embarque ! Putain, j’aime ce job ! Mets un slip, connard, on va pas t’emmener la bite à l’air. « Aimons nous vivants, maman. Avant que la mort nous trouve du talent ! ». « Je t’aime mon fils ! »
 
 
 
 
 
«  - Ils lui ont mis vingt ans, à ce connard de Joël… Sans aucune preuve.
 
-         Putain, le monde est vraiment corrompu…
 
-         Tu l’as dit. Même son avocat a volontairement plaidé comme une merde. Je comprends pas.
 
-         C’est simple pourtant : le véritable assassin a arrosé tout son petit monde pour se couvrir. Et Joël comme bouc émissaire… Classique !
 
-         Ouais, mais qui m’a mis dans la boucle. Putain, qui m’a vu ? 
 
-         On s’en fout…
 
-         J’ai les plus grosses cuisses du championnat.
 
-         Quoi ?
 
-         J’ai dit : j’ai les plus grosses cuisses du championnat.
 
-         Putain… T’as pas le temps de finir cette histoire ?
 
-         Non, j’ai un dossier, et le téléphone qui sonne..
 
-         T’es vraiment un branleur, les gens ne viendront plus te lire…
 
-         J’m’en fous.
 
-         T’es con, y a des gens qui s’appliquent quand ils font un blog. Ils font pas un truc merdique, auquel on comprend rien.
 
-         Ouais, mais là, je sais pas comment finir l’histoire rapidement. Et j’ai du boulot, alors tant pis pour cette fois.
 
-         Faudrait que tu fasses un truc plus court la prochaine fois, que ça se termine pas aussi merdiquement. Parce que là, c’est du jamais vu !
 
-         Tu veux savoir qui est le meurtrier ?
 
-         Ben, ouais, carrément !
 
-         C’est ta mère !
 
-         Putain, fais pas ta pute… Commence pas, on ne sait même pas qui je suis, dans cette histoire. T’as dit que c’était Joël qui avait pris vingt ans. Laisse ma mère en dehors de ça, bordel !
 
-         Rien à foutre ! Il a bon dos, hein, Joël ? C’est ta mère qui a tué Michel Fugain !
 
-         C’est grotesque !
 
 
La presse ne parlait que de ça. L’erreur judiciaire du siècle, bien pire que Dreyfus, ou Outreau. Le monde judiciaire avait été corrompu dans son ensemble. Tout le monde avait été mouillé : les greffiers, huissiers, avocats, magistrats. Tout le monde était au courant. Cela devait bien éclater un jour.
 
-         T’es vraiment un enculé ! Franchement, au début de l’histoire, je pensais pas que t’allais dire que c’est ma mère qui avait tué Michel Fugain. Putain, laisse la tranquille, s’il te plaît !
 
Le véritable assassin avait été arrêté à son domicile. Il s’agissait de la mère de Michel Delpech. Le monde des Enfoirés était sous le choc. Les enfants pleuraient, sans raison. L’ouverture de la chasse avait été repoussée de quinze jours
 
-         N’importe quoi…
 
 
Joël Léonard, en sortant de prison, apprit le décès de sa mère. Dans une émotion terrible, il prit le micro d’un des journalistes, et cria à la foule, très distinctement :
 
 
« Combien de larmes et de sourires
De mots qu'on n'a pas osé dire ?
Dieu que le silence est une arme qui fait souffrir !

 
Aimons-nous debout
Faisons la paix, faisons l'amour entre nous
Aimons-nous surtout
Pour ne plus jamais, jamais vivre à genoux
Aimons-nous vivants »
 
 
 
 
 
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Mardi 11 mars 2008
J’ai décidé d’écrire une connerie à toute allure, sans aucune raison, sans explication, sans volonté de bien faire :
 

 
 
« 
 
-         Jette toi à terre, Michel ! A terre !
-         Au secours !
 
Le feu commençait à pénétrer dans l’appartement ; les flammes léchaient le plancher sournoisement, laissant entendre que le sol ne serait plus vraiment sol dans quelques minutes. Les craquements épouvantables, la fumée, la chaleur… tout cela faisait dire à Joël :
 
-         Jette toi à terre, Michel ! Bordel, jette toi !
 
Michel était terrifié. Il n’osait plus faire un geste, il semblait paralysé. Soudain, dans un vacarme terrible, les flammes redoublèrent de volume et un grand souffle se fit ressentir, ce qui laissait craindre le pire à Joël.
 
-         On va prendre un coup de grisou, Michel… Un coup de grisou !
 
 
Tout à coup, un bourdonnement terrible contraint les amis à se prendre les oreilles, à fermer le yeux et à attendre que cela se passe.
 
Le bruit était assourdissant, grave, pénétrant. Les murs se liquéfiaient, et prenaient une étrange couleur rouge. Une fumée très noire commençait à se répandre, aussi épaisse que de la lave en fusion, aussi brûlante.
 
Joël ouvrit les yeux un instant. Ce qu’il vit à cet instant, des milliard d’hommes en avaient parlé, sans jamais l’avoir vu.
 
La peur qu’eût Joël fut si vive qu’il sentit son estomac se contracter comme une crampe ; il se sentit profondément vulnérable, et sentait le sol se dérober sous ses pieds.
 
Devant ses yeux, le Malin. Le diable, Lucifer, Satan, Belzébuth… Joël plissa les yeux pour l’observer de plus prés : il était couvert d’un poil rude, épais comme celui d’un sanglier, ses yeux étaient brûlants et rougis comme de la braise, son regard enfin était terrifiant. Il portait un gilet sans manche, et un col roulé blanc.
 
-         Salut les mecs ! dit-il
-         Bonjour, répondit Joël
 
A cet instant, Michel ouvrit les yeux.
 
-         Monico, comment vas tu vieille branche ? dit-il en s’adressant au diable
-         Tu le connais, demanda Joël.
-         Tu parles que je le connais, répondit Michel
 
Le diable se mit à sourire bêtement, vraisemblablement gêné par ce que venait de dire Michel
 
A cet instant, le rédacteur de cette histoire reçoit un coup de fil. Il décroche, dit « Oui…. Oui….D’accord » puis raccroche.
 
Le diable souriait toujours bêtement, attendant que l’auteur veuille bien lui mettre quelque chose dans la bouche, afin d’écourter cette situation un peu ridicule.
 
Mais l’auteur trouvait cette situation assez confortable, car elle lui permettait d’écrire une phrase l’une après l’autre, sans forcément se souvenir de ce qu’il avait écrit au début. Il décida donc de lui faire dire :
 
-         « J’ai les plus grosses cuisses du championnat ! »
 
Michel et Joël se regardèrent, consternés. Ils ne comprenaient pas le sens des propos du diable. Comment ? Venir du fin fond des entrailles de la Terre, provoquer un incendie, ravager toute une maison de ses flammes, de sa fureur, de sa légende, tout ça pour venir et dire :
 
-         « J’ai les plus grosses cuisses du championnat !»
 
Le diable lui même était dégoûté. D’autant plus que le téléphone sonnait à nouveau, et que cette histoire allait probablement s’achever sur ce qui resterait pour lui, en tout état de cause, un déshonneur profond.
 
-         « J’ai les plus grosses cuisses du championnat !», répéta-t-il en criant.
 
Pourquoi ces cris, se dit-il… L’auteur abuse complètement. Tu veux un café ? Ouais, j’arrive.
 
L’histoire ne pouvait plus durer. Il fallait une chute… Alors la chute, se dit l’auteur, sera la réponse au jeu du connard :
 
 
Il fallait trouver : 
-         Edouard Balladur : le kebab contesté est la ville de Smyrne, sur la carte, devenue Izmir, ville de naissance de Balladur
-         Evelyne Thomas : cette Marianne a eu une fille, Lola (ET a servi de modèle à Marianne, pour les bustes dans les mairies.. La République s’effondre )
-         Guy Montagné : un copier coller permettait de touver une cocoricoco girl, épouse du gentilhomme
 
Chapeau à M, qui a trouvé… Je mettrai bientôt les photos qui ont servi au montage. D’ailleurs, à ce sujet, je tiens encore à remercier Scuba (qui a désormais un blog, allez y)
 
 
Le diable était dépité… Quelle fin d’histoire ridicule ! L’auteur, dans un geste de tendresse, lui fit dire :
 
« Il y a deux mouches sur une merde, l’une d’entre-elle pète, et l’autre lui dit : Putain, t’es chiante, on est à table quand même ! »
 
Michel ne put retenir un petit rire, à l’énoncé de cette blague. Joël lui donna un coup de coude.
 
« Un peu de respect, c’est le diable, quand même »…
 
 
 
 
 
 
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Appel à chroniqueurs : Je change d'orientation professionnelle la semaine prochaine... Les horaires ne me permettront peut être plus d'alimenter le blog en articles à la con, en nouvelles débiles ou en "Qui est ce connard". Si vous voulez écrire des trucs, prévenez moi par mail. Je diffuse tout.


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 Pour ceux qui aiment lire

Une nouvelle de R. Simmons est dispo en intégralité dans la rubrique "La Chambre"

Enfin, je suis ouvert à toutes propositions de textes, photos, musique ou quoi que ce soit que vous souhaiteriez diffuser sur mon blog.

Je diffuserai cela dans les articles "Le texte d'un autre"...

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