Heriflogue


Heriflant

 

Bienvenue sur mon blog

Enjoy it!

 

Recommander

L'Heriflant littéraire

Vendredi 7 août 2009

Je viens de lire l'article que j'ai écrit hier, intelligement intitulé "Nouvel Article"...

Comme j'ai trouvé ça un peu nul, j'ai décidé d'écrire un autre "Nouvel Article" afin de ne pas décevoir les vieux amateurs de ce blog qui repasseraient par là après tant d'années.

D'ailleurs, j'ai pris le parti - courageux et angoissant - d'intituler "Nouvel Article" chaque nouvel article que je rédigerai.


...


Je viens de relire les trois lignes que je viens d'écrire ci-dessus.

Je suis maintenant convaincu que cet article sera un peu nul aussi... Eh bien il va falloir vous y faire !

Comme vous ne pouvez l'ignorer, mon emploi est particulièrement chronophage : je suis vérificateur d'aiguille dans une fabrique de montre haut-de-gamme.

Mon boulot consiste à regarder les aiguilles d'une montre tourner pendant une heure, afin de vérifier qu'il n'y a pas de problèmes.

Mon employeur ne souhaite pas décevoir ceux pour qui porter une belle montre est un signe définitif de réussite sociale.


Donc, à compter de ce jour, je n'écrirai que de mauvais articles. Et comme je pars demain en vacances pour trois semaines, cet article risque fort d'être le seul avant plusieurs mois.


La seule solution que j'envisage alors pour pouvoir maintenir le lecteur sous influence - pour utiliser la terminologie bloguisitique - est de mutualiser mes efforts avec ceux du collectif NARCA.

Je rappelle pour les plus jeunes d'entre vous que le Narca est considéré par les spécialistes comme le groupe de musique MQ (mauvaise qualité) le plus puissant d'Europe depuis le XIème siècle avant Jésus Christ.

Certains disent -mais je trouve que c'est exagéré - que l'avénement du Narca est le fait le plus marquant de l'épopée humaine.

D'autres affirment - sans craindre l'opprobre - qu'il conviendrait de supprimer définitivement quelques espèces animales pour le Narca.

D'autres enfin nous rendent un hommage appuyé en prétendant que la musique du Narca est la plus mauvaise qu'ils n'ont jamais entendu.

A tous ceux là, je veux dire :


"Merci"



Et je ne peux pas m'empêcher de citer l'homme au nez proéminent  :


"Lorsque les vents soufflants tiennent les flots,
On ne peut les empêcher, toute la terre est
A leur merci, toute la mer : ils abîment même les nuages du ciel
Et remuent des feux rouges sous leurs coups sauvages."



Le Narca est un peu comme ces vents soufflants que décrit Ovide, que je complèterai de ces vers utiles :


Si les Baleines savaient compter...
Elles seraient Comptables...
Ou Expert-comptables....

Si les Baleines savaient écrire...
Elles seraient Notaires
Ou Clercs de Notaires...

Mais les Baleines sont des assistées
Excusez moi d'insister !
Certes, c'est le plus gros mammifère
Mais elles n'ont rien à faire sur Terre

Le commandant Cousteau
N'est pas si costaud !!
Et Nicolas Hulot
A bien du culot !

Si les Baleines faisaient du deltaplane
Elles prendraient des risques considérables !
Si les Baleines pouvaient parler
Je leur ferai fermer leurs gueules
A ces putes !!

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 6 août 2009

Cela fait un an que je n'ai rien publié sur ce blog.

Et j'ai décidé aujourd'hui d'écrire un truc. En effet, j'ai calculé que si j'écrivais un article par an pendant 25 ans, il y aura 25 articles de plus. Et en 25 ans, c'est peu, 25 articles...

Mais bien sûr, c'est trés difficile de reprendre la plume après tant d'absence. On voudrait tout dire, rien dire, pleurer, faire rire...Et puis finalement, on improvise en 12 minutes une bonne vieille histoire de Joël...

Tout d'abord, une photo, pour se mettre en condition...






BARTAGAEN

12 décembre :

Ce type était complétement trempé. Il grelottait et restait debout, dans l'allée. Son regard était vide et c'est seulement quand le train se remit à bouger qu'il sembla prendre conscience de la situation.

Il venait d'attendre presque deux heures sous la pluie, dans cette petite gare où le seul abri s'était effondré quelques mois auparavant. En montant dans le train, il réalisait qu'il quittait un monde qui n'était décidément pas le sien.

Il chercha sa place un instant dans ce wagon quasi-vide, puis s'assit en silence en face de cette jeune femme. Au bout de quelques temps, il sentit que les battements de son coeur s'apaisaient, que son corps se réchauffait. et que son angoisse commencait à diminuer. Il se sentait revivre doucement... Il s'aventura à engager la conversation avec la fille.

"- Bonjour mademoiselle..."

La fille lui rendit un sourire magnifique. Elle était vraiment jolie. Malgré une lumière faiblarde, ses yeux resplendissaient.

Le type continua :

"-Je reviens d'un concours félin international."

Le sourire de la fille cessa instantanément.

"- Pardon?" dit-elle

"-Un concours félin, à Bartagaen. C'est un concours, on y élit le plus beau chat de race" répondit le type.

La fille eût un sourire amusé.

"-Vous plaisantez?"

"-Non, répondit le type en souriant. Ce n'est pas la première fois que je me rends à un concours de chats. Je trouve ça marrant."

"-Marrant? dit la fille avec mépris. Vous trouvez ça "marrant"?..

Le type ne souriait plus, lui non plus. Il sentait que son angoisse revenait.  Il en eu le souffle coupé quelques instants. Il reprit avec effort :

"-Je vous ai choqué? J'ai dit un truc qu'il ne fallait pas?"

"- Mais pas du tout, j'adore les chats" répondit la fille.

Joël regardait la scène du coin de l'oeil. Il regardait ce type, complétement trempé, et puis cette fille, jolie, certes, mais qui le méprisait royalement depuis le début du voyage.

Il sortit son arme.

"- OK, c'est un hold up, que personne ne bouge !!" dit-il calmement.

Un vent de panique souffla dans le wagon... Une vieille cria du fond de son compartiment.

Joël la toisa un instant , puis s'approcha d'elle doucement.

La vieille se releva un peu sur son siège, prête à risposter si son agresseur se mettait en tête de la frapper.

Mais Joël se contenta de lui dire :

"- Moi, je n'aime pas les chats"

A l'autre bout du wagon, le type complétement trempé , bien que terrorisé fit un bon sur son siège en entendant ça,. Son regard était plein de haine, mais il se mordait les lèvres pour ne pas répondre.

"-Je n'aime pas les chats... Pas les chats !!" continuait Joël en remuant son arme sous le nez de la vieille.

"-Tu aimes les chats, toi la vieille?" cria Joël

"-... O..ou.. oui..euh NON, non, non, non, je n'aime pas les chats" répondit la vieille avec une petite voix, noyée par la peur.

"- Tu aimes, ou tu n'aimes pas les chats?" continait Joël

" - Je ne sais pas... Je.."

La vieille n'arrivait plus à dire un mot. Elle était tétanisée par la peur.

Joël lui mit son canon sur la tête, puis le fit descendre sur les lèvres  et en appuyant un peu, finit par lui mettre dans la bouche.

"- Tu aimes, ou tu n'aimes pas les chats?" cria à nouveau Joël


Le type complétement mouillé ne tenait plus. Il respirait de plus en plus fort, mais restait toujours silencieux. Il regardait la fille en face de lui dans les yeux. Au bout d'un moment, sa respiration se fit plus régulière, et il commença à essayer de montrer quelque chose à la fille, juste avec le regard.

Il désignait son entrejambe.

La fille le regardait avec des yeux ronds. Elle commençait à se mettre en colère. Putain, dans un moment pareil! Ce type insistait, faisait la moue avec sa bouche, et donnait des petits coups de tête vers ses parties génitales, comme s'il voulait lui montrer quelque chose.

Soudain, il glissa sa main vers son entre-cuisse. La fille le regardait interloquée, pendant que la vieille se faisait maltraiter à l'autre bout du wagon...

La main du type complètement trempé glissa sous son pull. Il en ortit une arme.

Il se leva, et tendit son arme vers Joël.

"- MOI, J'AIME LES CHATS, SALE CONNARD !!"

Il tira trois fois, dans un bruit assourdissant.

Joël évita par miracle les deux premières balles, mais pris la troisième en pleine poitrine. Il se jeta sous un siège en se tenant le torse.

"-Putain de connard d'amateur de chats !" cria Joël à l'attention du type complètement trempé.

La fille se tenait la tête à deux mains.

Le type la regarda un instant. Puis il mit son canon sur ses seins, et remonta jusqu'à ses lèvres, et lui mis le canon dans la bouche.

"- Et toi, tu aimes les chats?"

La fille le regardait en pleurant, incapable de parler à cause du canon.

Joël se releva un instant de l'autre côté du train, et profita de ce que le type compéltement mouillé maintenait son arme dans la bouche de la jeune fille.

Il cria :

"-Connard, voici de la part de ceux qui n'aiment pas les chats!"

Et il tira deux balles, toutes les deux dans la tête du type complétement mouillé, qui s'effondra sur la jeune fille.

Joël s'approcha de la fille, en traînant une jambe, et en la visant avec son arme.

"Alors, tu aimes les chats ou pas ?"

La fille éclata en sanglot.

"-Laissez moi, je vous en prie !! "

"-Réponds juste : tu ailes, ou tu n'aimes pas les chats?"

"- Laissez moi..."

"-Réponds et je te laisse"

"..."

"-Réponds!!"

Pendant ce temps, la vieille s'était approchée tout doucement de Joël. Elle le frappa violemment avec son sac, en pleine nuque.

Joël, éjà trés affaibli, s'effondra immédiatement. La vieille ramassa l'arme, et prise de panique, tira deux fois dans le dos de Joël.

La jeune fille cria de terreur pendant quelques instants, puis finit par se calmer.

La vieille, penaude, tenait son arme pendue dans sa main droite.

Au bout d'un moment, elle redressa le canon vers la fille.

"Moi je n'aime pas les chats, lui dit-elle, et toi?"

La fille la regarda avec terreur, comme si elle avait vu le diable.

La vieille tira deux fois sur la fille : une fois dans la poitrine, une fois dans la tête.

Puis elle se donna la mort.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 avril 2008

« Je n'ai qu'une seule envie : me laisser tenter... La victime est si belle »

 

- Philippe, tu m'écoutes?

 

- Hein?

 

- Tu m'écoutesou quoi ?

 

- Et le crime est si gay!

 

 

- OK, OK... Bon, écoute moi bien: la cafétéria ouvre le matin à sept du matin, pile. On se donne rendez-vous juste devant. C'est très important!

 

- Pas le temps de tout lui dire...

 

 

- Mais si, on y sera largement à l'heure. De toutes façons, on entre, on a rien à dire! Ils nous filent le pognon, c'est tout!

 

- Pas le temps de tout lui taire!

 

 

- De quoi?

 

- Juste assez pour tenter la satyre... Qu'elle sente que j'veux lui plaire!

 

 

- Oh putain ta gueule. J'te parle d'un braquage, connard!

 

- C'est le cas du kamikaze...

 

 

- Mais non, tout est OK! On en a déjà parlé plein de fois...

 

- C'est l'abc du condamné...

 

 

- Y a aucun risque, j'te dis!

 

- Le légionnaire qui veut l'avantage des voyages, sans s'engager- é-é!

 

 

- Quoi? Putain, c'est la dernière fois que je fais un braquage de cafétéria avec un connard de chanteur belge à la con!!! Merde!

 

- Cœur de loup, peur du lit, séduis-la, sans délais, suis le swing...C'est le coup de gong du king. Bong !

 

 

- Mais t'es complétement con, Philippe, merde!

 

- Cœur de loup, m'as-tu lu? L'appel aux gais délits; Sors du ring!C'est le coup de gong du king. Bong !

 

- Connard de merde!

 

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 22 avril 2008
Aujourd'hui, un texte de Pascal Nouma, from Mexico...




Yoni Mitchel déambulait hagard dans son studio, parcouru de convulsions. Machinalement,  il déboucha la bouteille de schnaps. Le monde n'existait plus. Après avoir longuement observé l'étiquette de la liqueur, laquelle promettait un « plaisir divin », il la projeta de toutes ses forces sur un passant, en hurlant :

 

- Mon castor est gangrené, fils de pute!

 

Mais le malheureux Yoni Mitchel rata sa cible. Le schnaps fendit l'air et s'écrasa sans se briser sur le flan d'un chien errant. Le passant, victime originellement désignée, ne put qu'observer froidement la réaction amère du canidé agressé : un couinement explicite signifiant « Putain de bon Dieu de merde ! ».  Il compatissait avec la douleur du meilleur ami de l'homme, et ne se sachant pas pris pour cible, il déclara froidement à l'attention de notre héros :

 

- C'est comme cela que l'on traite son meilleur ami! Bourreau ! Nique ta race!

 

Mais Yoni ne le voyait déjà plus. Il sentait une grande humidité envahir sa moustache. Il sanglotait, entre les hoquets qui lui arrachait les poumons  il psalmodiait :

 

- Pauvre petit raton, regarde comme ma moustache brille, elle brille pour toi...

 

 Le rez-de-chaussée qu'il habitait en compagnie de son ragondin, Philippe Le Déroutant, lui apparaissait subitement inconnu. La kitchenette vibrait, déserte, nue.

 

Pour les profanes, je tiens à signaler en lieu et place de Yoni que le ragondin (Myocastor coypus) est un rongeur mammifère originaire d'Amérique du Sud, introduit en Europe au XIXe siècle pour l'exploitation de sa fourrure. Je vous conseille vivement par ailleurs de consulter le site www.ragondin.com pour de plus amples informations sur ce latino aussi subtile qu'il est attachant. Il serait injuste de ne pas préciser que les ragondins se sont installés en Europe de leur propre chef et á leur convenance. Leurs aïeux conquirent la liberté soit du fait d'évasions rocambolesques, soit du fait de leur regard. Quiconque croise les yeux de cet animal ressentira un excès de sentimentalité. Plusieurs témoignages attestent que des hommes on rejoint l'état sauvage pour vivre en harmonie avec la bête, niché dans des terriers au innombrables félicités. Il est donc tout á fait naturel que des importateurs de ragondins aient pu s'adonner á des lâchers volontaires. Mais revenons-en á nos moutons.

 

 

Yoni Mitchel aimait á s'imaginer les grands-parents de Philippe Le Déroutant conquérant d'un œil humide le plus cruel braconnier. Yoni restait des heures enfermé dans la salle de bain. Il se perdait dans la contemplation de Philippe Le Déroutant, s'ébattant dans la baignoire en sa compagnie, le visage ampli de compassion et luisant de respect. Il s'efforçait de procurer un confort enviable à l'animal. A ce titre sa salle d'eau fut aménagée á la façon d'un bocage du sud Cotentin. Aimables bocages.

 

Je pourrais vous conter longuement les douceurs de la relation sensuelle qui liait Yoni et Philippe. Le sourire que Yoni lisait parfois sur les traits du rongeur lorsqu'il le séchait doucement dans son drap de bain exprimait á lui seul la douce plénitude qui accompagnait leur union. Mais les circonstances viennent á bout des plus belles rencontres. Yoni s'en était allé distrait en ce matin d'hiver glacial. La vocation de naturaliste... Il marchait l'âme légère á l'idée de remplir de paille un bon nombre d'habitants de la flore comme de la faune. Il se voyait déjà en train de fourrer á tour de bras.

 

Rêveur, Yoni Mitchell omis de fermer la fenêtre du studio. Le froid s'engouffrât jusque dans le terrier de Philippe le Déroutant, imprégnât la céramique de la baignoire  d'une fraîcheur mortifère.  Philippe le Déroutant s'en trouvait remis entre les mains décharnées du sort...Et c'est ainsi que Yoni trouva son ragondin, la queue prise dans un bloc de glace. La douleur le jeta au sol. Il se rappelait avec une précision trop violente cette phrase qui l'avait terrorisé á la lecture du magazine « Passion -gondin » : « D'origine tropicale, l'organisme du ragondin n'est pas adapté au gel comme celui du castor. Lors d'hivers rigoureux, de nombreux ragondins ont la queue qui gèle, ce qui dégénère en gangrène mortelle. » Et la ville s'endormait doucement, insensible comme la queue de Philippe le Déroutant.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 16 mars 2008




Il avait une gourmette. Y avait un truc gravé dessus : MOQUETTE. Un spécialiste, donc.

Un spécialiste, qui avait une moustache, fine, et un petit collier en or. Il avait une dent en or, aussi. Un type coquet, peut être. Un type sympa, sans doute. Un connard, probablement. Un chose était absolument sûre : c'était un vendeur de moquette, à cent pour cent.

La boutique sentait bon, elle était pleine de tissus, de tapisseries, de moquettes. Le spécialiste avait pensé à mettre un petit carillon sur la porte d'entrée, pour accueillir les clients.
 
"Un putain de sanctuaire", pensa Joël.

Des rouleaux et des rouleaux de moquettes. Le paradis pour ceux qui savent les apprécier. Les autres sont des salauds.

Le type remonta avec le rouleau de moquette. Sans un mot. Les yeux se croisèrent un instant mais la transaction se fit en silence. Le type savait que ce rouleau était le bon rouleau. Joël comprit. Il voulut tendre un billet mais le type fit un signe de la tête. Pas la peine mon vieux. On s’est compris. Tu veux de la moquette ? Voilà de la moquette. Point barre. Un bon rouleau mon pote, je l’ai gardé exprès pour un jour comme aujourd’hui ! Joël empoigna le rouleau. Putain ce truc pesait une tonne ! 


Le type qui vendait la moquette se suicida cette nuit-là. Il avait fermé la boutique, comme d'habitude, baissé le rideau de fer. Mais c'était la dernière fois... Il avait accompli sa tâche. Ne vous moquez pas, il avait réussi sa vie.

Il était déjà tard. Par la fenêtre, on pouvait voir la lune qui semblait s’emmerder un peu, comme si rien d’intéressant ne pouvait arriver ce soir là. 

Au fond du troquet, dans une pénombre rougeâtre et une atmosphère enfumée, Joël regardait son verre. Il était sale ce verre. Et puis quoi ? De toutes façons, il fallait bien que ça arrive. Il le finit d’un trait et passa une nouvelle commande, auprès du patron qui semblait s’être résigné à finir sa vie derrière ce bar en Formica.


« - Je souhaite procéder à l’acquisition d’une boisson alcoolisée » dit-il. Le patron lui servit la même chose, sans même sourciller. Joël se caressa la nuque.

Au bout du troisième verre, une jeune fille entra dans le bar. Un type assis à la table prés de l’entrée leva les yeux pour la première fois de la nuit. La fille était vêtue d’une petite jupe verte, et portait un dossier contre son sein droit. Ses yeux balayèrent l’ensemble du troquet, avant de se poser sur Joël. 


- Vous êtes Joël ?

- Ca se pourrait… 

- Je cherche Joël. On m’a dit que je pourrais le trouver ici.

- Il est tard. Vous buvez quelque chose ?

- Non merci, je cherche un type qui s’appelle Joël. On m’a dit qu’il porte des bottes en cuir blanc, comme les vôtres. Vous êtes Joël n’est ce pas ?

- On vous a dit beaucoup de choses mademoiselle, mais je ne suis pas le seul à porter des putains de bottes blanches à la con, tout de même.

- Vous avez acheté de la moquette, aujourdhui?

- Patron, un tequila,
por favor

-
Répondez, je vous en prie

Joël fit la moue un instant, puis il respira profondément. Il tourna enfin la tête vers le patron.

- Je crois avoir commandé une tequila,
senor!

Puis, en regardant la jeune fille :

-Je lui parle espagnol, parceque je trouve qu'il a une gueule d'espagnol. Mais ça m'oblige à boire de la tequila...

- Qui vous oblige à boire de la tequila? demanda la jeune fille.

- Personne! répondit Joël


Le patron apporta le verre. Joël y trempa ses lèvres, et regarda la fille avec un sourire, en mimant le dégoût.

- Pouah ! dit-il en se marrant.

- Quel connard ! pensa la jeune fille. 

- Je sais ce que vous pensez, dit Joël

- Ah bon? répondit la jeune fille, amusée

- Vous pensez que la moquette, c'est rien, c'est du vent, peau de zob

- Non ! Vous vous tr..

- Ta gueule ! cria brusqument Joël en frappant du plat de la main sur la table crasseuse. Ta gueule de gueule de pute!

La fille avait sursauté. Elle semblait estomaquée, incapable de répondre.

- J'vais te dite un truc, sale connasse, dit Joël en se faisant de plus en plus menacant, j'vais te dire un truc... Saint Maclou, ça, c'était un homme. Ils l'ont béatifié, les cons!

La fille ne semblait pas comprendre. Tout à coup, un grand souffle se fit sentir dans le bar, comme un début de tempête. Les ampoules vacillaient, la lumière devenaient intermittente. Joël saisit son verre, car il savait ce qu'il pouvait arriver lorsqu'on invoque Saint Maclou...

Un tourbillon d'air souleva toute la poussière. Joël plissait les yeux, la fille se tenait à la table. Sa jupe se soulevait de temps en temps. Elle était terrorisée. Malgré le bruit du souffle et des chaises qui valdinguaient, Joël essayait de lui dire quelque chose :

- N'aie pas peur, il ne t'arrivera rien. Essaie de te calmer. Tu vas découvrir pourquoi l'Homme est venu sur Terre. Tu vas faire connaissance avec celui pour lequel il n'y a pas de sacrifices suffisamment humbles, et de prières suffisament sincères...

- De qui parlez vous? cria la fille, dont les cheveux volaient devant le visage .

- De Saint Maclou, évidemment.


Sant Maclou apparut. Il était resplendissant. Mais attendez... Non! Il ressemblait incroyablement à Herbert Léonard !! Merde! Bordel! C'était frappant! 

- Mais c'est Herbert Léonard! dit la fille en regardant Joël

- Non, c'est Saint Maclou. 

- Attendez, si vous connaissiez Herbert Léonard, vous le reconnaîtriez tout de suite

- JE connais Herbert Léonard ! C'est pas lui!

- J'en suis sûre, c'est lui ! dit la fille en souriant.
 
Puis elle s'adressa à Saint Maclou 

- Vous êtes Herbert Léonard, n'est ce pas? Alleeeez ! Me la faites pas à moi! Tout le monde disait que vous aviez disparu, mais vous vous faites passer pour un type sanctifié dans le domaine des moquettes, vous êtes ridicule!

- Euh! Je ne vois pas de qui vous vous voulez parler.. répondit Saint Maclou visiblement déstabilisé par la question

- Qu'est ce qui est mieux? Un Tupolev 22 Blinder? Ou un Hawker Hurricane?

- Un Tupolev! répondit Saint Maclou avec mépris. L'autre est une vraie merde !

- Ah putain, Herbert, je te cherchais! dit la jeune fille en souriant. Il faut que tu chantes Chateauvallon, pour l'anniversaire de mes parents

- Ils aiment bien Chateauvallon? demanda Saint Maclou

- Mon père dit qu'il n'y a jamais eu de meilleure série depuis.

- C'est parcequ'il ne connaît pas Plus Belle La Vie, interrompit Joël

- Ouais, mais le générique est pourri, dit Saint Maclou- Herbert Léonard

- Moi j'aime bien, dit la fille...





Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Inforiflant


Publicitant



 


 
Appel à chroniqueurs : Je change d'orientation professionnelle la semaine prochaine... Les horaires ne me permettront peut être plus d'alimenter le blog en articles à la con, en nouvelles débiles ou en "Qui est ce connard". Si vous voulez écrire des trucs, prévenez moi par mail. Je diffuse tout.


Herifastuce: en cliquant sur le titre, vous revenez à la page d'accueil.  Par ailleurs, s'abonner au fil RSS permet de savoir quand un article vient de paraître...


 

 Pour ceux qui aiment lire

Une nouvelle de R. Simmons est dispo en intégralité dans la rubrique "La Chambre"

Enfin, je suis ouvert à toutes propositions de textes, photos, musique ou quoi que ce soit que vous souhaiteriez diffuser sur mon blog.

Je diffuserai cela dans les articles "Le texte d'un autre"...

heriflant@hotmail.fr

 


100% Beauf

 

 

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés