Une bonne journée
Ce matin, comme tous les matins depuis le début de la grève de la RATP, c'est un peu la loose pour aller au boulot...
Ce matin, pourtant, j'ai eu la joie de voir quelque chose qui vaut la peine d'être vu. Je me suis dit "Ca, ça vaut la peine d'être vu ! "
De quoi s'agissait-il? D'une série d'événements cocasses, dont, n'étant pas farouche pour un sou, je m'en vais vous en conter les meilleurs moments...
Tout d'abord, ne pouvant plus me rendre dans la bouche de métro la plus proche de mon domicile, pour ne pas attendre trop longtemps, je marche un peu.
Je vais jusqu'à une autre station, une autre ligne, automatique celle-là (la fameuse ligne 14), qui n'est pas prête de faire grève (à moins de circonstances vraiment exceptionnelles).
Je vous laisse imaginer la cohue qu'il peut y avoir autour de cette bouche, la plupart des parisiens se rabattant sur cette ligne, qui est la seule à fonctionner de manière régulière.
Il y a donc foule ce matin, autour de l'entrée de la station. Les véhicules automobiles s'agglutinent autour des piétons, il y a des klaxons, les gens traversent n'importe où, il y a des embouteillages monstres, et des vieilles connasses qui traînent dans les couloirs du métro, et qui auraient sans doute mieux fait de rester couchées...
Soudain, devant moi, dans la rue, alors que je marche d'un pas décidé vers la bouche de métro et sa forte concentration de gens excédés par l'attente, un type traverse la rue, à travers les voitures arrêtées à cause des embouteillages, et manque de se faire renverser par un conducteur imprudent et pressé, qui regardait ailleurs alors même qu'il appuyait doucement sur l'accélérateur.
La réaction du piéton a été amusante, mais malheureusement classique : il a frappé fort avec la paume de sa main sur le capot du véhicule automobile fautif, afin de lui signifier de manière virile son mécontentement. Il a frappé sur un capot. Son visage resplendissait; il bombait du torse. Il était éclatant de force. Un homme de notre siècle.
Je me suis dit : "Il tape sur des capots, et ça lui va bien"...
C'est venu comme ça, je n'ai rien pu faire pour l'empêcher : j'ai eu cet air musiacl dans la tête jusqu'à l'arrivée dans mon bureau, et encore un peu dans la matinée. Pour la peine, voici les paroles de cette chanson de Monsieur Lavil, un peu arrangées pour l'occasion:
"Il tape sur des capots et ça lui va bien
Il tape sur des capots comme un musicien
Sur un passage piéton, ce n'est pas anodin
Il fabrique sa musique dans un milieu urbain
Il tape sur des capots comme sur un tambourin
La Twingo de monsieur, frappée comme un poussin
Il tape sur des capots, il ratera pas son train
Il tape sur des capots, comme un républicain!"
Bref, moins de deux secondes plus tard, j'ai vu LE truc vraiment génial de ma journée : un type en monocycle

Chacun trouve les solutions qu'il veut pour éviter les grèves, et le monocycle est une solution séduisante : pas trop de place, assez rapide et trés original.
Mais la pratique du monocycle ne s'improvise pas !
Dés lors, alors que ce type en monocycle m'avait dépassé dans notre folle course sur le trottoir qui mène au métro, j'ai pu constater que sa pratique n'était pas tout à fait au point. Il pédalait trés trés vite, mais n'avançait que trés doucement. En outre, il gesticulait énormément sur son monocycle. Je dois préciser que ce type était en costume-cravate" et avait un attaché-case dans une main.
Je me suis dit : "Tiens, il va se casser la gueule"
Par bonheur, ça n'a pas manqué... Alors qu'il était environ vingt mètres devant moi, et que la densité de piéton s'intensifiait à l'approche de l'entrée du métro, ce monsieur s'est lamentablement vautré comme une merde.
Le temps que je parcoure les vingt métres qui me séparaient de lui, il était toujours au sol. Je suis presque sûr qu'il s'est fait trés mal.
Je n'ai pas pu le vérifier car je suis entré ensuite dans le métro, pris par le flot de la foule déchainée par l'envie d'aller travailler.
Dans la station, une dame trés moche avec un sac à dos a traité une autre de "Connasse !" avant de partir à l'autre bout du quai.
Je me suis dit que c'était vraiment une bonne journée.
Et en ouvrant l'Equipe ce matin, j'ai vu que le gardien de l'Equipe de France de football, Sebastien Frey, avait eu la note de 2,5 pour le match d'hier.
Le pauvre, c'était sa première sélection... Ca m'a un peu fait marrer quand même quand j'ai vu qu'il essayait de se justifier lamentablement :
Quel con ! Une bonne journée, n'est ce pas?