La défaite amère (suite)
Ce matin je me suis levé d'une humeur massacrante : il faut dire que j'avais dormi 4 heures et que ça fouettait le poulpe dans mon appartement (celui que j'avais cuisiné la veille avec des brocolis).
Pour ne rien arranger, la station de radio sur laquelle j'avais branché mon réveil avait décidé de programmer en cette heure matinale un débat trés chiant sur la grippe aviaire, au cours duquel les auditeurs pouvaient appeler pour poser les questions essentielles ( "mon chat peut-il attraper la grippe aviaire ", "les pigeons sont -ils dangereux " etc...).
Je me lève donc d'un pas brusque pour me diriger dans la cuisine - épicentre de l'ignoble odeur de poulpe - afin de me servir un café. A ce moment, je me rappelle que j'avais fait l'acquisition la veille chez Auchan des nouveaux biscuits Petit-Déjeuner de LU : "Brut de céréales". Le sourire revient donc sur mon visage, car qu' y a t-il de meilleur le matin que d'essayer une nouvelle gamme de biscuits Petit-Déjeuner de LU ? Mais la désillusion fut grande : le Brut de céréales est absolument dégueulasse, à l'opposé de l'Abricot-Miel que je consomme habituellement.
Bref je pars, et décide de laisser ma bagnole garée en bas de chez moi : marcher un petit peu me fera du bien... Evidemment, mon lecteur MP3 acheté quinze jours avant sur C-Discount ne fonctionne plus au bout de quelques mètres. Problème de piles apparement. Par chance, je croise la route d'un Marché+...
Je pénètre dans le magasin afin d'y acheter lesdites piles, mais évidemment le type devant moi fait ses courses pour la semaine. Il achète tellement de conneries (plusieurs kilos de litière pour chat, une grande quantité de fromage blanc , du pain de mie pour les deux prochaines années...) qu'il en a pour 130€. Il règle par chèque mais la machine pour remplir les chèques ne marche pas. Il le remplit à la main, la caissière vérifie deux pièces d'identité et c'est enfin à mon tour. Je paye mes piles et rattrape le type qui était parti en oubliant un des sacs de litières.
J'arrive au boulot à la bourre mais je rebois un café quand même, puis prend mon poste de téléacteur. Aujourd'hui, je dois faire une enquête sur les usages numériques des entreprises. C'est trés chiant.
Puis je vais bouffer chez un copain dont la mère nous a laissé de la bouffe à faire réchauffer au micro-ondes; du ghormeh sabzi et un riz au safran et aux pistaches que je savoure avec joie. Un copain arrive pour aller en cours avec nous. Arrivés devant la porte la fac, mon camarade de classe se rend compte qu'il s'est trompé dans la date et a confondu 11 avril et 11 mai. Il n'y a donc pas cours et nous décidons d'aller boire une mousse pour parler du match de ce soir : Lyon-Marseille.
Puis tout s'enchaîne trés vite: nous croisons un autre copain dans la rue, décidons d'aller mater le match ensemble, de faire l'acquisition de pizzas Cheezycrust (celle avec du fromage dans la croûte) et de quelques packs de mousses.
Et là, c'est la défaite...
Or, si vous relisez mon article "La défaite amère " du 6 avril, vous verrez que j'ai vu en rentrant chez moi ce jour là un pauvre type en vélo qui pédalait avec difficulté devant le Marché+.
Eh bien aussi incroyable que ça puisse paraître, et pourtant je le jure sur les pneus de ma 106, figurez-vous que j'ai croisé le même bonhomme cette nuit, en vélo, à 2 h du matin, mais cette fois il s'est carrément cassé la gueule quand je suis passé à côté de lui.
Je me suis arrêté car le type ne s'est pas relevé tout de suite. Il avait l'air bourré. Il a fini par se relever avec un petit sourire trés con et un grand filet de sang qui coulait de son cuir chevelu jusque sur sa chemise.
J'ai préféré partir. Je me demande vraiment si ce type n'est pas l'incarnation de la loose. En tous cas, si à chaque fois que Lyon perd un match je vois ce type en vélo quand je rentre chez moi, cela attenuera finalement l'amertume de la défaite.
En tous cas, quand je suis rentré chez moi pour taper cette petite histoire sur mon blog, je me suis demandé si le type en question avait lui-même un blog, et comment aurait-il décrit notre rencontre fortuite à une semaine d'intervalle...
"Je suis rentré chez moi aprés le match, en vélo comme d'habitude, et figurez vous que j'ai encore croisé ce pauvre type qui me regarde comme si j'étais l'incarnation de la loose. Dés que je le vois, je perds tout mes moyens, je perds confiance en moi et je n'arrive plus à pédaler. Cette nuit je suis même tombé sur le trottoir, et je me suis félé le coccyx. Demain, je ne pourrai pas aller à la piscine..."
Quel connard...