Connasse

Publié le par heriflant

Dimanche, je me suis rendu à la boulangerie, en bas de chez moi.

 

Comme tous les dimanches, quel que soit le temps qu'il fait dehors, les clients de la boulangerie font la queue jusque sur le trottoir.

 

Un peu énervés, un peu stressés, les gens se bousculent aussi un peu. Personne ne sourit. On devine que la plupart d'entre eux aimerait égorger la vieille dame qui demande une baguette bien cuite à la boulangère, mais pas celle là, plutôt l'autre, non celle à côté. Voilà, et un chou à la crème. Plutôt celui-là...

 

Vieille connasse de merde!

 

Bref, il y a devant moi une petite dame  qui serre de prés la personne devant elle. Je suis persuadé qu'elle craint que je la double. J'aimerai la rassurer. Lui dire qu'elle n'a rien à craindre de moi, que doubler des gens dans une queue, ce n'est pas mon genre.

Mais j'ai peur qu'elle le prenne mal, et que l'on me regarde de travers... Je me tais donc, comme tout le monde.

 

Le type derrière moi pue. On dirait un clodo. Il y a environ 15 personnes entre lui et la caisse, mais il tente d'apostropher l'une des vendeuses en lui disant "Madame, s'il vous plaît!".

 

Je crosi que je commence à le haïr. plus il dit ça, plus je sens mon rythme cardiaque augmenter.

Une dame, bientôt arrivée à la caisse, se retourne, et l'observe sournoisement. Elle ne dit rien.

Quant à la boulangère, elle  a le comportement que chacun attend d'elle : elle l'ignore.

 Moi, je préférerais carrément qu'elle lui dise "Ta gueule, sale clodo! C'est pas ton tour, enculé!" 

Mais elle se contente de l'ignorer, ce qui est plus méprisant encore, plus politiquement correct, également.

 

Un moment, je me demande ce que je fais là.

Je suis là parceque je veux faire l'acquisition d'une baguette de pain, et de deux gâteaux.

 

Je sais ce que je vais dire, quand ce sera mon tour, au sujet du pain : "Une baguette, pas trop cuite".

 

En revanche, je ne sais pas ce que je vais dire pour les gâteaux, parceque je n'ai pas encore choisi. Je dois, honteusement, avouer que cela me met mal à l'aise. J'essaie de regarder les gâteaux qui sont proposés dans la vitrine, mais la queue empêche de regarder correctement.

En outre, je dois abandonner ma place dans la file quelques instants, pour pouvoir choisir correctement et cela me stresse.

Je viens juste de me réveiller, et je me sens un peu parano : ce gamin devant moi, je suis sûr qu'il fait exprés de se mettre devant les gâteaux pour ne pas que je puisse choisir correctement; ce type, derrière, s'est mis là pour m'empêcher de voir l'étiquette sur laquelle est écrite le nom du gâteau. Bordel de merde!

 

Un moment, je sens même que je vais prendre n'importe quoi, pour ne pas avoir à zigzaguer entre les gens pour voir quel gâteau je vais finalement prendre. "pardon monsieur, je voudrais regarder... excusez moi madame, je regarde juste ça..."

Mais la raison revient, et je bouscule donc un peu tout ce petit monde, fort de ses certitudes en matière de gâteaux, fort de sa routine et de ses 18 ans de baba au rhum dominical.

N'y a t-il rien de pire que les habitués d'une boulangerie? Ceux-là même qui font la gueule jusque devant la caisse, et qui, une fois arrivés devant la boulangère lâchent un large sourire, et se font appeler par leur nom de famille...

 

" -Et pour vous madame Durand, 250 grammes de petits fours, comme d'habitude?"

Connasse!! Je prie chaque jour pour ne pas tomber dans une routine aussi violente... Sans compter qu'aprés le boulanger, il y a le boucher, le charcutier...

 

Bref, j'arrive, aprés mille contorsions, mille pardons, et mille coups de coude, à choisir deux gâteaux...

 

Pour l'un d'entre eux, je suis sûr de moi : un opéra.

 

Mais pour l'autre, je suis un peu hésitant... J'ai cru lire Framboisier. Je suis stressé, c'est bientôt mon tour, et je ne suis pas sûr du nom de mon gâteau. Je ne pense pas une seconde à rigoler en songeant à Framboisier, des Musclés...

 

"-- Monsieur, c'est à vous?!" demande la boulangère, tout à coup

"-- Euh.. oui"

("C'est à vous.".. on dirait que je vais me faire endormir)

 

"-- Alors, je vais prendre une baguette pas trop cuite, un opéra et ... un framboisier."

"-- Un quoi?"

"--Un framboisier!"

"-- Mais monsieur, il n'y a pas de framboisier.."

 

Putaaaain! La boulangère me regarde avec un petit sourire. "Toi, t'es nouveau ici, petit trou du cul" semble t-elle penser. La petite dame devant moi, qui compte ses pièces pour les donner à l'autre caissière, s'arrête soudainement de compter, et me regarde, l'air interdit...

 

"-- Euh... je croyais avoir lu ça... C'est le gâteau là bas!"

 

Et là, je demande à tout le monde dans la queue de me laisser passer, pour désigner du doigt le gâteau de mon désir. Ledit gâteau est à presque 3 mètres de moi, et sur ces 3 mètres, il y a presque 10 connards, parfaiement serrés les uns contre les autres...

 

Est ce que j'ai vraiment envie de ce gâteau?

 

"-- Pardon monsieur, excusez madame". Cette fois, je ne fais pas de manière, je bouscule, je parle fort, je dégage..."...Voilà, c'est ce gâteau là" dis-je en montrant du bout du doigt, et serré entre deux blaireaux qui ne se poussent pas, le présumé framboisier.

 

Et là, la boulangère me regarde comme si j'étais le roi des connards, et me dit

 

"-- Aaaah, une Framboisine!"

 

Putain de connasse de meeeerde....

 

" --Jocelyne, un opéra et une framboisine pour le monsieur!"

"-- Et une baguette!"

"--Pardon?"

"--Et une baguette!"

"-- Et une baguette, pour le monsieur! Ce sera tout?"

"- Oui"

"-- 6,90€ s'il vous plaît! Monsieur, c'est à vous"

"-- euh... pas trop cuite"

"-- Excusez-moi monsieur! Oui, Monsieur??"

"-- Pas trop cuite, la baguette!"

"-- Pas trop cuite la baguette!! Pour le monsieur, Jocelyne, pas trop cuite la baguette"

etc.

 

 

Putain de merde

 

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I
Mouarf!Merci pour ce petit texte qui m'a fait sourire ce soir après une journée avec des conasses partout! :D
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H
Merci pour cette remarque, Tito...<br /> Cependant, j'adore sa réplique déjà toute faite "Vous pouvez vous servir au rayon frais"<br /> Répondre "Non, je veux de la viande qui sort de la machine, et pas du steak haché sous cellophane" est pratiquement impossible, si l'on est pas le roi des connards.<br /> Ce boucher est malin
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T
Des enculés Hériflant, j\\\'atteste et je confirme. Moi en bas de chez moi j\\\'ai le boucher du Champion qui me laisse perplexe... Il est tout grand, a une mâchoire à l\\\'image de son métier et se veut tout gentil. Je l\\\'aime bien. Je prends souvent plaisir à lui demander à "gros steak haché" à 20h juste avant la fermeture en sachant  pertinemment que la machine est déjà partie au nettoyage... Il me répondra alors avec sa bonhomie légendaire et la larme à l\\\'oeil que "la machine est au nettoyage" mais que je "peux me servir au rayon frais si je le souhaite", ce qui en dit long sur sa passion pour le rosbif !  Pas un enculé celui là !!!
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H
C'est vraiment limite une boulangère qui se maquille à la truelle.<br /> J'avais dans le temps une boulangère qui avait les cheveux trés courts, avec une mèche blanche devant. Une horreur qui me faisait hésiter à acheter du pain.<br /> Son mari, le boulanger, avait les cheveux longs, de sorte à ce qu'on s'attendait à chaque moment à en trouver dans les pains au chocolat<br /> Quelle bande d'enculés, ces deux-là!
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M
moi  ma connassse de boulangère elle fait pas la différence entre jambon blanc et jambon cru ! et pourquoi me direz vous ? <br /> et ben parce qu'elle en mange pas! <br /> j'ai du lui expliquer : "le blanc c'est le rose pâle ! <br /> -et le cru me dit elle ?<br /> -et bien c'est l'autre! <br /> -ah bon !"<br /> petit detail qui tue: elle se maquille aussi à la truelle ... environ 35 ans ! aïe .<br />  
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